La Ceinture Noire - Critique

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La Ceinture Noire - Critique

Message par Admin le Sam 24 Mar - 1:48

Je tiens à dire qu’au moment où j’écris ces lignes, je me suis contenté d’écouter l’album. Je n’ai pas été sur internet, pas même sur le forum, afin de n’être influencé en rien et par rien dans cette critique et dans mon jugement. Du fait, mes conclusions et mes erreurs ne sont que le produit de mon clavier et de mon esprit critique.

...


Oh mon dieu !

Oh mon dieu !

L’album est RATÉ ! Je me suis tapé les 40 sons d’un coup - et 40 c’est vraiment beaucoup ! - Tout ça pour me rendre compte au final d’un échec total ; Enfin il y a des bon sons mais le projet ne rime à RIEN. Il est littéralement sans-dessus-dessous, et bien évidemment je ne parle pas de l’absence quasi totale de Rap (6 sons maggle ! 20 minutes au total sur un projet de plus de deux heure au moins ! 15% de l’ensemble du contenu, ce qui, sur MCAR comme sur Subliminal, aurait revenu à 2,7 sons Rap par album ! La plus grosse sécheresse de tous les temps). J’ai mal au crâne et je suis très énervé. Je suis tellement en colère que je vais quoter à tout-va toute nos prédictions les plus fausses :

Neil a écrit:Je trouve ça d'ailleurs plutôt positif d'avoir 8 sons marqué d'un explicit. Ceci laisse supposer AU MOINS 8 sons rap =/= seulement 8 sons rap

HAHAHAHAHA

Admin, il y a un an, avant que Gims ne quitte le Wati-B a écrit:Gims à dit récemment vouloir arrêter la musique. Or juste après cela il a annoncé le titre de son prochain album. Or il n'a pas dit explicitement vouloir reprendre la "musique", juste qu'il y aurait un 3eme album. De quoi serait donc fait cet album s'il ne fait plus de musique ? Eh bien, de Rap.

HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAARGH KOOFF

Non, évidemment faut sensiblement quitter le terrain du Rap, sur lequel le projet est impossible à défendre. Mais même dans la “musicalité” il est très difficile d’en tirer quelque chose. Un projet que je suis bien content de ne pas avoir acheté et qui ne finira pas dans le Top 5.




***


Telles étaient les conclusions sur lesquelles j’étais arrivé récemment. Des conclusions qui démontrent bien, si c’était encore nécessaire, qu’il ne faut JAMAIS se fier à une première écoute, surtout avec un projet aussi bizarre. Ceci étant, même si je suis revenu sur mon premier avis, je n’invalide pas à 100% celui-ci. Il y a un fond de vrai, même si bien entendu La Ceinture Noire est loin d’être une catastrophe. Un fond de vrai, mais en même temps… Pas tant que ça. Je crois que c’est plus compliqué.

Il s’agit d’une question d’outil critique à avoir à sa disposition. Sur La Terre Du Milieu, on aime critiquer et juger des objets vraiment précis, à savoir des albums (ou des doubles-albums : après tout ce n’est juste qu’une tracklist plus étendue). Et c’est là que ça coince en tout premier lieu.

La Ceinture Noire n’est PAS un Album.

Ni même un double-album. J’en suis arrivé à cette conclusion, rapport au fait de ce qui apparaît comme un manque totale de cohérence à mes yeux. Quiconque s’est mangé les 40 sons d’un coup (une expérience terrible que je déconseille définitivement, sous peine de mal de crâne - le truc fait quand même plus de deux heures…) ne peut arriver à la conclusion qu’il s’agit d’un projet bien défini. Ce n’est pas non plus une Mixtape, bien sûr.

En faites cela ne peut être qu’une seule chose, une sorte de “Playlist”. Une fraction de tout un corpus musical, une Compilation de sons pris d’univers extrêmement différent, piochés au hasard et rebattu à la façon des cartes d’un jeu que l’on mélange.



D’ailleurs le jeu de carte n’est pas une image que j’emploie totalement au hasard. Gims me semble en effet avoir définit cette album comme un set, afin de savoir quelle carte sortir au bon moment pour que le projet puisse à la fois se vendre sur Spotify, en clip, et matériellement parlant : Cela explique en tout cas pourquoi le projet est substantiellement vide, sauf mis en relations avec d’autres cercles dans le monde de la musique. Alors bien sûr cette vision des choses permettrait de clarifier ce qu’est la “Ceinture” Noire...


ceinture
nom féminin
1.
Bande servant à serrer la taille, à ajuster les vêtements à la taille ;
Boucler sa ceinture.
Sports de combat
Bande tissée dont la couleur symbolise un grade.
2.
Dispositif qui entoure la taille.


Or, il existe encore une dernière définition pour le mot Ceinture :

3.
Ce qui entoure.
En effet, à vouloir être du plus en plus globale, Gims a voulu, plus qu’un projet, passer à un stade supérieur, et concevoir son double-album comme une ceinture de corail, afin de définir un ensemble de possibilité bien plus qu’un produit fini. Et ce n’est pas forcément une mauvaise idée pour la suite de sa carrière - enfin, pour peu que cela puisse réellement fonctionner tant cela semble avant-gardiste - mais pour ce qui est de l’album, cela a des résultats dramatiques en terme de cohérence interne au projet.

En effet, on se demande ce qui divise les deux ensembles de 20 sons. À première vue on aurait pu se dire que le 2ème est un poil plus trash mais en faites non, même pas, c’est autant voir, par moment, plus fleur bleue encore. Et alors qu’on pense avoir deviné une espèce de pseudo-logique, entre “Corazon” et “Skyfall”, PAF “ANA FI DAR !” et juste après un sucré “Caméléon” un plus rêche “Fuegolando” suivi du sucré “La même ft.Vianney” suivi du salé “Loup-Garou” avant une série de sons chantant, et pour certains, mielleux. Certes, quelques sons donnent l’impression d’être sur le même album (notamment “Entre nous c’est mort” et “Chien de la casse” qui ont l’air de se répondre - écoutez attentivement - mais est-ce accidentel ?) voir de se succéder de façon normale (“Laisse-moi tranquille” -> “Mi Gna”, et bien sûr l’Intro et “Tant pis”). Mais la majorité du temps, des changements d’univers par paquet de 1 sons ou de 2 sons aussi irrégulier choque l’oreille, et on ne peut pas ne pas l’entendre.

D’autant plus que, et ce n’est pas surprenant, mais sur 40 sons il y a une tripotée de sons totalement passable, voir de parfait déchets, on va y revenir. 40, c’est un chiffre qui ne peut donner qu’une impression de purée indigeste, La Ceinture Noire étant une “Playlist de Singles”, cela n’a donc pas de sens de la prendre dans son ensemble. Je vais donc tenter de réorganiser ça en mes propres catégories, de manière à ce que cette critique aille quelque part (et donc constituer une sorte de “Playlist des playlists”... vous suivez toujours ?).

Maintenant, ce n’est qu’une théorie. Je pense que pour expliquer POURQUOI la Ceinture Noire, une autre explication, que je tiens sous le coude depuis maintenant bien longtemps, pourrait être évoquée. Mais elle est un poil plus compliqué à mettre en mot et elle ne risque pas de faire l’unanimité.


Force et faiblesse inhérente à Maître Gims.

C’est quelque chose qui me semble totalement évident, et ce depuis des années. Mais La Ceinture Noire donne, quelque part, la preuve de ce que j’avance. Entre chanteur et rappeur, Gims est, et de très loin, à considérer comme…

Un Chanteur. Bon certes, c’est un gros objet de débat pour certains. Mais plusieurs choses m’engagent à penser que Gims voit également le Rap avant tout comme de la chanson. Contrairement à Black M, Lefa, ou Barack Adama, Gims a ceci de particulier d’être très particulièrement attentif au flow qu’il emploie, et dont il change souvent. Capable d’accélérer, puis de ralentir, Gims ne semble pas, dans son écriture, s’organiser autour des mots qu’ils emploient mais plutôt de leur sonorité. Comme s’il réfléchissait en Unité Sonore et non pas en Unité Thématique - et là il faut savoir percevoir la différence, ce n’est pas la même chose. Cela pourrait expliquer pourquoi c’est lui qui s’occupe des refrains de la Sexion depuis des années, et également pourquoi tous ses sons “Rap” ont ce petit quelque chose d’addictif, alors que les thèmes brassées sont ultra-larges. Là je pense à la Pillule Rouge mais pas que...

...Alors non, ce n’est pas parce-qu’il-y-a-pas-assez-de-rap-dans-LCN que je dis ça maintenant, mais plus parce que Gims a pris bien vite le plis des sons en anglais. Chanter en anglais, c’est un peu l’aboutissement de ce qu’un Gims pourrait rechercher. Nombreux parmi nous, et moi le premier, se sont mis à écouter, et écoute encore du Rap anglophone à cause de la façon dont il sonne, et non à cause de ce qu’il dit. Bien sûr, le rythme a de l’importance pour n’importe quel Rappeur cité ici. Mais Gims est le seul à réfléchir ses sons en “Yaourt” (on le voit assez fréquemment), donc en terme de case vide à remplir en fonction d’un cahier de charge mélodique/rythmique qu’il a précisément établi afin d’arriver à un certain résultat, qu’importe la nature des paroles. Cette technique mérite qu’on lui rende hommage, car demande beaucoup de travail également. Regardez le couplet de Gims dans ce sons qui date pourtant de 2008, la Routine. C’est à partir de celui-ci que j’ai commencé à penser à cette théorie.



Gims remplis ici ses mesures  avec une mélopée très rapide dont on retient la sonorité, et non le texte. Ce n’est pas forcément une faiblesse, attention : Gims est un de mes rappeurs favoris, bien qu’il articule ses raps comme un chanteur. Cet dimension n’est pas absente, non plus, de sons comme Glock, ni de 30%, bien que les raps de Gims connu pour leur fond sont connu comme tel et d’un nombre limité jusqu’à présent. Car lorsque sonorité et sens parviennent à s’allier, Gims sort un classique, c’est aussi simple que ça. Il est juste armé différemment, et peut-être mieux que certains autres Rappeurs, en faites.

Ceci étant, cette force peut se transformer en faiblesse très rapidement lorsqu’il s’agit de gérer un projet à lui tout seul. Je reste convaincu que Gims aurait beaucoup de mal à sortir un projet entièrement Rap comme pourrait le faire par exemple Lefa, parce que justement, dans un album de rap les idées se découpe en thème, à défaut de se découper en styles divers (Pour Ceux qui Dorment les Yeux Ouvert, qui est un projet qui commence à dater, semblait laisser le Gims de cette époque le cul entre deux chaises). Gims n’a jusqu’à présent pas vraiment réfléchit le moindre de ses projets en terme de cohérence. Même MCAR, qui a été découpé au forceps en deux styles censément opposés, au final, ne laisse pas de continuité au sein de chacun de ses skeuds. Ces projets ont globalement toujours été des éventails de possibilité, le gars est un couteau-suisse et je pense que ça constitue à la fois sa force et sa faiblesse. Dans ce projet, Gims laisse parler sans doute une caractéristique fondamentale de son art. C’est l’autre théorie qui permet d’expliquer la forme tellement étrange prise par La Ceinture Noire. Ce qui différencie ses trois albums jusqu’ici, c’est sans doute leur homogénéité. Subliminal faisait majoritairement appel à un certain type de musique (on verra ça plus loin), MCAR s’est diversifié, La Ceinture Noire pourrait bien être un peu une explosion vers l’hétérogénéité la plus extrême.

La Ceinture Noire est, pas que, mais surtout un condensé de tout le parcours musical de Meugi. Tout ou presque...

ça c’est quelque chose que je dois dire avant d’analyser les sons en eux-même. Pour tout ceux qui auront pas mal écouté Subliminal et MCAR, le nombre de référence à ces anciens projets, et même à des projets plus vieux, sont manifestes, partout, je dirais même envahissant. Tellement envahissant que certains sons semblent, sans être jamais des copies, sorties directement de ces deux premiers albums. Dans le cas des sons MCAR-esque c’est un défaut, dans le cas des sons Subliminal-esque, c’est une qualité. Je vais évidemment préciser le pourquoi du comment. Il y a aussi plusieurs sons, parmi les bons, qui ont également une nature propre et qui permet d’entrevoir l’apport de la Ceinture Noire, mais on verra cela après.

La part ridicule laissé au Rap.


Alors bon j’en ai déjà parlé en introduction, mais ce qui m’a touché en tout premier, et qu’il est donc nécessaire d’évacuer tout de suite, c’est bien le peu de sons Rap. À bien regarder les tracklists des 2 précédents albums solo, c’est la première fois que Gims laisse une proportion de sons Raps aussi risible. 6 morceaux en forçant un peu, car certains me semblent assez peu se référer vraiment à du Rap :
La Playlist Rap :

6. Loup-Garou ft. Sofiane
22. Anakin
28. Ana Fi Dar
30. 60% (mattez le numéro de la track… petit farceur)
33. Appelez la Police ft. MHD
36. “Chien de la casse” (en forçant un peu, pourquoi pas)

La part que prend le Rap dans toute cette playlist est d’autant plus petite que le nombre de sons est élevé, mais on ne voit pas comment il pourrait en être autrement. Sur un CD de 18 pistes, ce qui aurait peut-être été plus souhaitable, ou même de 25 pistes, cela se serait très certainement moins vu, maintenant, on ne peut pas en faire l’abstraction. Cette rareté me dérange et abaisse bien sûr la note que je pourrais donner au projet. D’autant que les rares sons Rap sont de qualité très inégales. Après l’explosif “Loup-Garou” que l’on connaît déjà tous par coeur, arrive le poussif “Anakin” qui ne semble avoir pour but que de montrer l'aptitude de Gims à broder sur du vide, tout en remettant à sa sauce les flows et les gimmicks du “Humble” de Kendrick Lamar (hey !) ou du “Panda” de Desiigner (skrrrah !). Arrive ensuite le curieusement mal mixé Ana Fi Dar, qui ne sonne comme aucun sons qui l’environne, et donne vraiment l’impression d’avoir été ajouté en urgence (le nom de Bugatti Beatz en étant d’ailleurs gommé).  “Appelez la Police” avec MHD fera ainsi office de bonne surprise, avec un Gims visiblement concentré sur l’idée de retourner le style Afro-trap, avec un succès qui force le respect.

Et enfin vient 60%. Outch !

Que l’on s’entende bien, 60% n’est pas un mauvais sons de Rap. Je dirais même qu’il était plutôt franchement bien écrit, référencé jusque dans ses dédicaces (à 30% c’est sûr, mais aussi à Noir, à tout ce que ce Gims-là sait faire), avec des sens caché au contour de nombreuses punchlines parfois bien crûe. Mais qu’est-ce, sinon un bon sons de la Pillule Rouge ? Il ne peut pas avoir l’audace de prétendre à faire ne serait-ce que l’équivalent de 30%. Or vous connaissez le système : Plus le pourcentage est élevé, plus Gims se rapprocherait de sa forme finale, le “Fléau”. Oui mais voilà : Là où le premier sons est un classique, le second est un deux-couplet, bon, mais pas transcendant soyons honnête. Un Admin énervé vous dirait que “nommer un sons comme ça c’est un peu comme si Gims chiait sur son propre patrimoine”. Mais comme entre-temps je me suis calmé, je constate en revanche que le sons a VRAIMENT été pensé pour avoir l’air ancien entre le refrain à peine chanté, le ton pris par Gims et la prod choisi, on est là devant une imitation presque passionné d’un sons de rap aux alentours de 2008-2009. Le problème c’est que cette imitation est tellement appuyé qu’elle frôle parfois l’auto-caricature. Ce n’est pas le seul sons concerné d’ailleurs.

de l’Auto-caricature au Savant retour en arrière : Subliminal es-tu là ?

60% a parfois des punchlines qui prêtent à sourire tellement on y reconnaît le style de Meugi (“Dangereux comme Christophe Colomb avec un GPS !” si j’avais été humoriste je m’y serais pas pris autrement pour caricaturer la famille de sons Glock/30%/VQ2PQ). D’autres sons semblent également avoir été conçu dans une optique d’auto-caricature, je pense notamment à l’intro en chant grégorien. À priori c’est devenu une tradition depuis Subliminal, sauf que là on entend presque un Meugi pleurnicher dans le fond, comme s’il était toujours nécessaire de toujours plus forcer le trait pour s’extraire de la redite, ce qui donne un aspect involontairement comique à un sons qui n’avait sans doute pas cet objectif.

Cependant de là à dire que c’est forcément mal que Gims revienne sur des bases, il y a une différence. Beaucoup de sons dans LCN rappelle, par le ton pris, qui se résume à un mélange tamisé de mélancolie abstraite et de poésie, rappelle vraiment ce qui a été fait lors de Subliminal. Je pense que ce n’était en rien intentionnel : Mais à force d’enregistrer sons sur sons, Gims devait forcément finir par revenir sur ces expériences musicales les plus marquante. Voici une liste afin de rendre plus concret ce sentiment :

La Playlist Subliminal-esque :
11. Nos Valeurs
14. T’es Partie (une exception dans une certaine catégorie de sons dont on parlera plus loin...)
18. Le Pire (surtout celui-là, c’est vraiment ouf)
19. Où Aller
21. Tu m’as mis dans la Merde
23. Malheur, Malheur (très fortement)
31. Je n’ai Rien Promis
39. La Vérité

Mais bon là je dois avouer que pour certain il y a quelque chose d’une vision très personnelle que je porte sur Subliminal. Mais j’ai l’assurance que ces quelques sons sont porteur d’un véritable ADN issus de cette époque, en fonction de leur qualité et des messages dont ils sont porteurs. Vous me direz si ça vous semble également être le cas.


Des Sons innovants et stratosphériques

On va s’arrêter un moment pour parler de sons qui, bien que n’étant pas des anomalies en eux-même, ne se rapproche excessivement d’aucun autre album de Gims jusqu’à présent. Ce sont des sons qui ont vraiment un quelque chose de nouveau, d’entraînant. Commençons par parler du surprenant “Fuegolando”. La mélodie me rappelle quelque chose (sans que j’arrive à déterminer quoi). Il est représentatif de ces quelques sons qui donnent parfois l’impression que Gims pensait en terme de Rap et a fait une chanson. Le résultat est acide est bien construit, entraînant, il distille selon moi une atmosphère noire et confuse, qui se prête bien à la vision que l'on se fait de un Gims plus honnête. Enfin, je pense aussi au “Laissez-moi tranquille”, qui semble répondre à “One Shot” à plusieurs occasion (“Arrête de me dévisager !), rythmé, façonné pour ressembler à ce genre de sons, probablement inspiré du Raï Marocain (ou Indien c'est ma foi compliqué de savoir), parfaitement exécuté - et là encore une fois le nombre de mots utilisés me fait penser à ce qui aurait pu être du Rap. “Merci Maman”, construit en simili-rap mélodique, aurait été bien sûr parfait sans cet espèce de sample chelou qui donne l’impression d’entendre une femme en train d’accoucher (J’en ai pas la preuve ultime, mais c’est fou comme ça desservirait le propos xD). Enfin “Oulala”, même si le titre est effectivement à chier. J’arrive pas à vraiment savoir ce qui le rend bon, ça doit être la rythmique. Je trouve que ça fonctionne bien, malgré quelques drops un peu curieux.

Playlist des sons modernistes :
4. Fuegolando
5. La Même (En duo avec Vianney) (difficile à classer)
8. Laissez-moi tranquille
9. Mi Gna ft. des Arméniens swaggés
13. Merci Maman
16. Oulala
26. Tu me l’avais promis
27. Corazon

Je pense (Même si Corazon me semble un peu fade en comparaison du reste) que ces 7 autres morceaux ont tout pour devenir de vrais hits. Un peu déconcertant au début, certes, mais tellement fun sur le plus long terme. Hélas, ces morceaux inspirés ne sont pas plus légion que cela. Nous allons maintenant entrer dans la catégorie des sons qui, je pense, sont totalement jetable.

Je t’aime, tu m’abandonnes, je m’en fous, mais je te suis (et je refais un tour)

Le plus gros parasite durant l’écoute le Ceinture Noire, c’est bel et bien cette catégorie cancer : Dans tout cet ensemble musicale, Gims nous raconte, tout comme dans MCAR d’ailleurs (Oh, pitié !) ses déboires amoureux avec des épouses/femmes/plan cul au caractère visiblement épicé. De ces mésaventures polygamiques ressort un style musical à part entière, le “je t’aime-tu m’abandonne-je m’en fous-mais je te suis” appelé aussi “sons pour amoureux éplorés”. Dès la première écoute ils me semblent clairement insupportables, tant et si bien que la qualité des CDs s’en ressentent. Petit florilège de ces sons et des informations absolument capitales qu’on peut y trouver, sur la ligne tendue entre la psychothérapie et l’OSEF absolu. On y trouve “Entre Nous c’est Mort” (Qui dans sa formulation n’est pas sans rappeler “Cadeaux”. Alors comme ça on regarde “les fesses d’Élodie” ?), “Tu Reviendras” (alors comme ça on “laisse ses affaires traîner par terre” ?), “Tu ne le vois pas ft. Dadju”(“Si tu lui mens c’est pour votre bien justement ?”), “Tu m’as dit ft.Bedjik” (un “psychologue t’assiste” ?), “Bonita” (je sais pas quoi mettre, y a trop de truc...). Et ainsi de suite, j’en passe et des meilleurs. Skyfall, malgré toute sa bonne volonté à vouloir imiter des morceaux de mélodies du James Bond éponyme, n’en demeure pas moins très ennuyeux à écouter malgré des débuts engageants - il reste peut-être l’un des moins mauvais, le refrain a un petit quelque chose, il faut bien le dire… Il n’empêche la fin du 2ème CD est vraiment très grave. PS est mortellement ennuyeux, Everytime, malgré son anglophonie (c’est une première !) est dans la même veine.

Playlist de l’Amoureux Éploré :
7. Entre Nous c’est Mort
10. Tu Reviendras
12. Tu ne le vois pas ft. Dadju
15. Tu m’as dit ft.Bedjik
17. Bonita
24. Mon Coeur Meurtri
29. Skyfall (sous réserve)
35. PS (Après 2h d’écoute c’est un peu le coup final)
37. Je t’en Veux
38. Everytime
40. Les Roses Ont des Épines (je rectifie : c’est bel et bien celui-là le pire).

Le dernier morceau apparaît comme une sorte de consécration. Gims se met au Mylène Farmer, sonate au piano, description poétique de Paris, encore plus sucré qu’Indila. A-t-il écrit cette chanson en collaboration avec Florent Pagny ? Difficile à dire, mais clairement, cela sonne vraiment très faux dans la bouche de celui qui a connu le 75 dans sa facette la plus décharnée.

Les Sons-Poubelles


Il s’agit maintenant de s’attaquer à une autre forme de catégorie, qui m’a elle aussi fortement déplu, les sons-poubelles que sont “Gunshot” et “Chien de la casse”. Certes, le second entre dans la catégorie Rap, mais il y a quelque chose de réellement déplaisant dans ces deux morceaux, et ça dépasse le simple style employé. Je crois que c’est le fait que Gims parle de cul. Dans le sens où ça a quelque chose de profondément vulgaire. Oh, on a déjà vu bien pire en terme d’insanité et j’écoute régulièrement du Kaaris. Mais là c’est Gras. C’est Inadapté. Et dans le cas de “Gunshot” drôle, certes, mais grievois.

Vraiment, on peut ne pas percevoir Maître Gims de la même manière, mais pour moi il y a des choses qui ne correspondent pas avec le personnage et l’artiste. Le Thème abordé dans ces chansons et la façon de le dire, voilà deux choses qui semble totalement absurde dans la bouche d’un Gims fleur-bleue qui a passé les trois quarts du projet à se positionner en victime de la cruauté de l’amûr.


Fonce-dé, j'me rappelle du trois-quarts de ma nuit
Apparemment, j'ai claqué quinze k dans le vide
Ça a plu à quelques filles donc, du coup, j'me suis dit
Pourquoi pas finir en tous ensemble dans un lit ?
Tous ensemble dans un lit, pousser le délire
J'l'étrangle, j'lui demande : "Tu fais quoi dans la vie ?"

Moi, j'me balade, j'suis côté de Rivoli
C'est du sale qui se passe sous les yeux d'Mona Lisa
Chien de la casse, j'fais des cs-tru bizarres
J'quitte pas la ville, pas besoin de visa
Feux d'position dans le blizzard
J'fais du sale, on oublie ça

ça va pas la tête ? Je sais pas ce qui lui est passé par l’esprit mais voilà un type de lyrics qui casse l’identité même de l’artiste, sur lequel est pourtant posé le socle qui le différencie du reste de la masse. Et je dis pas ça dans une optique moralisatrice, non, c’est juste que ça ne colle pas dans l’image. Et même après plusieurs écoutes ça n’a pas l’air plus cohérent. Grand est le nombre de sujet abordé par les membres de Sexion d’Assaut. Grâce à Doomams on peut même dire que le sujet avait déjà été de nombreuses fois abordés (-75°, tout un tas de punchline qui parle de teub, même sa participation dans “Je ne dirais rien”). Mais avec Doomams, ça marchait car lui il savait agencer ce thème. Ce n’est pas le cas de Gims. Voilà ce qui se passe quand on veut s’essayait à tout, il y a forcément des ratés, je ne lui jette pas la pierre.

À ces mauvaises chanson j’ajouterais sans doute “La Nuit c’est fait pour dormir” un feat incompréhensible dans tous les sens du terme : Je ne suis pas parvenu à comprendre l’histoire malgré les intentions de Gims à nous la faire comprendre à grand cri dans les oreilles. Aurélien (Orelsan) et Hervé (Haha oui, H Magum s’appelle Hervé en vrai !) passent tels des fantômes sans saveur sans que jamais leur présence se voit justifiée. On voyait arriver le feat raté, il n’y a pas de surprise. C’est vraiment dommage sachant que ces trois amis de longues dates sont plus ou moins capable de tout, mais la réalisation au clavecin et un refrain complètement idiot ont eut raison de cette musique. RIP in peace, avec les honneurs de nos rêves déchus.

Puisqu’on y est, je dois également dire que plusieurs sons, tel le feat avec Vianney, et autres Caméléons, puisqu’ils ont été dévoilé en avances, me semblait peu intéressant à écouter, voir même à critiquer. Dans le cas de Mi Gna j’ai beaucoup hésité à le mettre dans les bons sons modernistes. Je ne sais pas ce qui me retient, peut-être la surprise de le voir finalement figurer dans le projet. Ah, autre chose dont on s’est abstenu de parler, un peu pour les mêmes raison. Les feat cainri. D’accord, ça fait du bien d’écouter du Lil Wayne aux côtés d’un Gims, ou un Quincy (qui a eut le temps de lâcher un rot sur la prod avant de se barrer). Mais ces grandes stars américaines, qui semble pressées d’aller encaisser leurs chèques, et dont la présence dans l’agenda de Gims aura sans doute son importance en temps voulu, était-il nécessaire de les placer sur des remix et non des sons inédits ? La vérité, c’est que même Gims a compris que les feats prestigieux franco-américains fonctionnaient très rarement. Souvenez-vous de Pitbull. Souvenez-vous de Wati Big Ali. Souvez-vous de Sia, de Shakira, bref...

Conclusion d’Admin : Un projet à 50% de ses capacités

On le voit, La Ceinture Noire est loin d’être un projet parfait, et ce à cause d’un nombre important de sons-déchets ayant passé par accidents la validation de l’artiste. Par accident ou par opportunité, car en effet il s’agissait ici de submerger les charts avec tout plein de sons, quitte donc à laisser passer quelques bouses infâmes ; Et ce fait était la conséquence logique d’une sorte de grosse Playlist. À bien additionner je réalise - et ce n’est pas le produit d’un calcul - que les sons véritablement nécessaire ici se comptaient au nombre d’une vingtaine, pas davantage. Oui, Gims a sans doute vu trop gros avec ce projet, mais une bonne moitié au moins présente de grandes qualités. Il manque juste, je dirais, de sélection, d’ordre dans tout ce bordel. Différents artifices auraient pu être mis à contribution, pour créer ne serait-ce qu’une cohérence factice. Mais ce n’était clairement pas l’intention de Gims. À voir comment cette stratégie sera perçue par le large public-cible du Meugi Warano. Mais nul doute qu’il ne laissera pas indifférent, vu la popularité et la fan-base dont dispose déjà ce dernier après les deux précédents projets. Et puis les mauvais sons ne doivent pas nous faire oublier le potentiel des tout bons. Voici un résumé des sons du “Bon album” au sein de tout ça :

Spoiler:

(Les 24 sons)
1. Intro
2. Tant Pis
4. Fuegolando
5. La Même (En duo avec Vianney)
6. Loup-Garou ft. Sofiane
8. Laissez-moi tranquille
9. Mi Gna
11. Nos Valeurs
13. Merci Maman
14. T’es Partie
16. Oulala
18. Le Pire
19. Où Aller
21. Tu m’as mis dans la Merde
22. Anakin
23. Malheur, Malheur
26. Tu me l’avais promis
27. Corazon
28. Ana Fi Dar
30. 60%
31. Je n’ai Rien Promis
33. Appelez la Police ft. MHD
36. “Chien de la casse” (étant rap on veut bien lui pardonner)
39. La Vérité


Vous êtes libre de trouver cette critique personnelle, de la partager ou de considérer quelle est arbitraire, jusqu’au catégories que j’ai établit (Subliminal-esque, etc.). Mais ce sont les seuls que j’ai réussi à mobiliser en tant qu’auditeur de longue date de Maître Gims - un auditeur qui n’est pas sans connaître les exploits et les faiblesse du bonhomme. Libre à vous de réinterpréter le projet à partir de là.

C’est donc à ce moment que je me dois de tourner le micro vers vous, vous posant la sempiternelle question : “Et vous ? Qu’en avez-vous pensé ? Quels tracklists traceriez-vous au milieu de ce grand projet ?”.

Merci pour votre attention.

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Neil le Jeu 29 Mar - 21:22

[
Pas mal pas mal, j'accroche pas à tout mais ouais c'est plutôt bien. N'hésitez pas à liker la vidéo et à vous abonner !

Voila a peu près tout ce que je trouvais à dire sur Ceinture Noire après ma première écoute; elle m'a laissé dans le questionnement le plus total. Qu'est-ce que j'en avais pensé ? Est-ce que j'étais satisfait ? Est-ce que j'étais horriblement déçu ? Je ne savais même pas quoi penser. Pourtant ce n'est pas comme si il n'y avait pas de la matière = 40 sons dont beaucoup d'entre eux méritent de l'intérêt quel qu'il soit.

En réalité, j'ai écouté ces 40 titres en étant le plus impartial et le plus objectif possible. Je voulais vraiment prendre chaque sons et sa DA pour ce qu'ils sont et passer ceci au dessus de mes attentes personnelles. Et autant vous dire que c'est pas évident mais j'ai bien fait sinon mon énervement aurait été semblable au tiens Admin. Je vais donc faire un gros effort pour vider toute l'incertitude que j'ai vis à vis de ce troisième album solo de Maître Gims, membre imminent de la Sexion d'Assaut, afin de répondre à ta problématique.

I/ A l'heure où on parle, qui est Maître Gims ?

En définition officielle, Maître Gims est un rappeur, euh pardon un chanteur français, enfin non congolais, membre du groupe Sexion d'Assaut et du label Wati B. enfin ex-membre. Son groupe a connu un immense succès vers les années 2010-2012 grâce aux compétences respectives et complémentaires de tous ses membres. En fait non, uniquement grâce à lui. Maître Gims compte à son actif 3 albums en solo. Enfin non 5 précisément. Ou 8 plutôt...

Bon vous l'aurez compris, Maître Gims est un artiste indéfinissable, c'est presque un ovni en un sens. Buisnessman créatif et visionnaire doté d'un immense talent, capable de s'adapter sur à près tous les styles et sachant à chaque fois quoi faire pour sortir LE truc qui va tout péter. On l'entend souvent dire qu'il n'y a aucun calcul lorsqu'il fait sa musique mais c'est presque impossible de le croire. Chacun de ses morceaux, et encore plus avec ce nouvel album, semble être soigné aux petits oignons et avoir un très gros cahier des charges : A quoi sert ce son ? Quel type de personnes va-t-il toucher ? A quelle période ?

Il ne fait aucun doute à mon sens que de tous les membres de Sexion, Maître Gims est de loin le plus réfléchi. Il a à lui seul plus de valeurs et de durabilité que tous ses compères réunis (non je n'ai pas oublié Black M mais je suis de plus en plus persuadé que son succès en solo est plus le fruit d'un coup de chance plutôt que de talent et de travail). Le groupe lui doit presque tout, on ne peut pas nier ce fait. C'est donc après 1 an et demi de silence qu'il revient poser ses couilles sur la table avec 40 titres qui ont sans doute de quoi l'inscrire dans la durée.

II/ Ceinture Noire, c'est quoi au juste ?

Son troisième album, un "triple-double album" qui suit un album et un double album. Rappelons nous qu'il avait ce nom en tête depuis bien des années, depuis qu'il commençait à penser son projet solo, c'est à dire vers 2009 (bientôt 10 ans quand même), et ce Ceinture Noire aurait du être à l'origine un album coopératif avec l'ami Hervé. Bon ça s'est pas fait (prions pour que ça se fasse jamais) et on a eu droit à Subliminal, le mémorable Subliminal, qui a vraiment confirmé l'artiste sous tous ses aspects. Est venu MCAR deux ans plus tard, avec des extremum qui a renforcé le côte du cul entre deux chaises (une des chaises semble pourtant plus confortable que l'autre). Et là il le confirme vraiment bien avec son nouveau skeud 40 putain de sons.

Changement radical puisque cet album ne sort pas chez Wati B. Quoique peut-être pas tant que ça. Le rapport entre Maître Gims et Dawala est très difficile à capter et ce sous chaque angle. Alors que beaucoup prétendent que Maître Gims manque de loyauté et doit tout à Dawala, d'aucun se plaisent à dire que si Dawala en est là, c'est uniquement grâce à la vache à lait qu'est Gims pour le Wati B. Et même pour les raisons très floues de leur séparation, si certain disent que Dawala est un pilleur et un suceur de sang qui pompe tout l'oseille de Gims, d'autres seront du genre à dire que Gims en demande trop et s'est mis à être trop gourmand. Quoiqu'il en soit, cet album est très important car c'est le premier album de Maître Gims en indépendant. Bon alors certes, TF1 Play Two et compagnie mais inutile de chercher d'autres soucis; un Gims intelligent et sortant des tribunaux ne se serait pas encombré de producteurs qui vont venir le faire chier question finance et le diriger dans sa DA mais se serait simplement contenté de bons promoteurs et de bons distributeurs, avec pourquoi pas une bonne prime à la signature. Et la réciproque est vraie, une maison de skeud, devant le prestige de l'opportunité d'obtenir la signature de Maître Gims n'aurait sans doute pas négocié un contrat trop sévère (surtout que le bonhomme semble dur en affaire).

Donc en considérant que MG a carte blanche sur son nouveau projet (dans le four depuis un moment quand même), quel chemin va-t-il préférer prendre ? Des milliers de théories ont été évoquées dans le topic consacré à celles-ci, il ne reste plus qu'à écouter et réécouter pour obtenir une réponse.

III/ L'écoute de l'album

Avant toute chose, mon dieu Admin tu m'étonnes que tu aies eu mal au crâne ! Se faire 40 sons d'une traite c'est presque du masochisme, c'est justement pour éviter la lassitude qu'un projet trop long devient un double album, donc pour ma part j'ai préféré de me faire le CD1, puis le CD2 et enfin les bonus chacuns de leur côté afin d'éviter le traumatisme et pouvoir les écouter reposé.

Mais passons et rentrons dans le vif. C'est donc l'esprit totalement neutre que je lance le disque 1 et...

Ok. Donc pour nous faire entrer dans son titanesque opus, il nous propose une Intro qui a à peu près autant d'utilité que les photos de dissuasion sur les paquets de clopes. Bon elle veut sûrement faire écho au précédents albums qui disposaient tous d'un morceau d'ouverture de moins de deux minutes et qui n'était pas vraiment une chanson mais plus une entrée en matière. Ce concept marchait plutôt bien avec Subliminal et la pilule rouge dont les intros nous faisaient rentrer dans l'univers et enchaînaient impeccablement avec la suite. Mais dans le cas de la pilule bleue et de CN qui comme on le découvre sont plutôt des playlists de gros sons sans fil conducteur, l'intérêt m'échappe.

En plus ces deux intros semblent totalement consanguines, une grosse BO piano mélancolique avec les choeurs d'un Gims qui [pleure ?] et qui cette fois ci semble vouloir dire une phrase. Ok c'est sans doute un yaourt mais suis-je le seul à l'entendre dire "je suis armé" ? (ce qui en soi est plutôt paradoxal vu qu'on n'aime pas vraiment les armes dans les arts martiaux). Enfin bon, l'inutilité de cette intro se remarque surtout lorsqu'elle enchaîne sans transition et sans logique spéciale avec "Tant pis".

Tant pis, cette fois ci introduction idéale. Ce son nous fait entrer dans le vif, et quand je dis "nous" je parle pas de nous membres actifs de la Terre du Milieu (ou ptet même le Mordor) mais d'un auditeur lambda qui met le skeud dans sa voiture ou sur Spotify en fond pendant qu'il joue à Fortnite. Il est donc normal d'entendre le tube par excellence. Instru à la fois pas compliquée et "épique", mélodie qu'on retient super longtemps et voix bien poussée au refrain pile poil comme il aime. MAIS MAIS MAIS le morceau n'est pas sans saveur pour autant et même intéressant dans son fond. Sans être trop développé, on peut constater que celui-ci ne traite pas de ses tant douloureuses ruptures mais de, entre autres, son parcours et les difficultés surmontées et à surmonter de celui-ci. Si on veut creuser encore plus, on est en droit de se demander s'il ne fait pas passer de messages subliminaux (lui qui aime beaucoup ça) à nous les vieux fans, en nous faisant comprendre que pour sortir du lot faut faire ce qui fonctionne, et pour le reste tant pis.

On poursuit dans cette lancée avec le premier-extrait-mais-en-fait-non Caméléon. Le morceau tremplin qui a fait office de "coucou, me revoilà" à Meugui. Même si il ne fait pas de doute que c'était un morceau à ambitions (largement atteintes - quoique), je le qualifie pour ma part de réussite. Prod originale pour le coup et bien bossée et brillante interprétation. Rien d'exceptionnel bien sûr mais propre pour un son poplove comme celui-ci.

Fuegolando, vous aurez aussi deviné avant d'écouter qu'au vu du nom de la tournée on aura droit à un festif et/ou scénique. C'est bel et bien le cas, un son dansant plutôt innovant dans le cas de Gims (uniquement, sinon pas du tout) avec un beat "déhanché" et une touche de légèreté. "Hé les filles tenez vos mecs en laisse" est la phrase qui repompe au refrain. Elle n'est pas sans me rappeler quelque chose mais j'arrive pas à me souvenir quoi.


Tiens ta gadji j'ai pas la laisse gros

Peut-être aurais-je mieux fait de ne pas me souvenir x)
Bon trève de plaisanterie, pour ma part je ne trouve aucune saveur à Fuegolando. Le son n'est pas particulièrement entraînant et puis franchement il n'y a aucune classe dans ce qui est dit et dans la manière dont c'est dit. "Audemard, Piguet, j'sais qu't'es piqué,
Elles ne veulent pas d'un loser
" mouais bof. Bon mehlich, c'est le début de l'album et j'attendais pas grand chose de ce titre là. Mes grosses déceptions viendront plus tard vous en faites pas.

Après cette fête plus que bof, retrouvons une connaissance La même, en feat, en duo pardon (?), avec Vianney. Le jeune talent le plus romantiquement déprimant de 2017; bonne façon de plaire à Meugui. Je met ici de côté ma rancœur de lyonnais que j'avais pour ce chanteur après qu'il se soit foutu de la gueule de l'OL lors de son concert à Lyon, cette collab est vraiment intéressante. Alors qu'on aurait pu s'attendre à du No Me Mires Mas, les deux compères ont préféré être des sortes de Balavoino-Frérots de la Vega. Un petit son guitaresque sympa, donnant presque l'impression de porter un message et dont l'écriture même est assez jolie. Le duo me semble aussi beaucoup plus authentique que du Black M/Shakira. Nous avions très peu, voir pas du tout, entendu GI de cette manière. Bonne idée donc de le placer au début et de le sortir en single, quoi de mieux pour confirmer le statut tout-terrain du 4x4 Maître Gims (car c'est bien lui qui s'adapte à Vianney et pas l'inverse).

Et justement, il n'est pas tant insensé de placer le si kiffant à entendre pour nous Loup Garou juste ensuite, car ce petit farceur de Gims a sans doute voulu faire comprendre qu'il peut rouler sur le terrain d'un Vianney mielleux et porteur de paix comme d'un Fianso vénèr dans toute sa splandeur; en arrivant très largement à se mettre à leur niveau qui plus est. Et sachant que Sofiane et Vianney sont sans doutes les deux plus grosses révélations de l'année 2017 dans un registre totalement opposé; autre argument qui défend le fait que c'était sûrement voulu. En plus de faire kiffer les puristes, Loup garou fait d'une pierre deux coups en rassemblant un paquet de monde (j'y reviendrais). Mais en bref quand arrive ce son, on sait ce qu'il est et on est comme des fous, on peut se rendre guedin avec du bon kickage pendant 3 bonne minutes. Et là on se dit "allons, ça va peut-être poursuivre là dedans"...

Raté. Entre nous c'est mort marque le retour du Gims qui met décidément beaucoup de temps à se remettre de ses problèmes de coeur. Mais le sujet est traité avec plus d'humour ce coup ci, Maître Gims a perdu son joli bébé et ce à cause des filles avec des noms de garçons sur son portable qui l'ont cramé lorsqu'il matait les fesses d'élodies. Haha. Mais là où le morceau me surprend vraiment, c'est qu'il m'a l'air très à la ramasse temporellement pour un Maître à tendance très visionnaire. Il me fait énormément penser aux sons lover de Gradur et Alonzo très à la mode y a 2-3 ans. Ouais bon hors album je le réécouterai certainement pas.

Allez j'excuse ce coup moyen car s'ensuit Laissez-moi tranquille bien plus intéressant. Premièrement si le morceau n'est pas rap, il est ce qui y ressemble le plus (sorte de mélange de rap et d'indou en fait). Surtout dans les paroles, c'est cru et ça clash, et quand ça clash c'est stylé (oui, parfaitement messieurs !). Beaucoup d'entre vous ont sans doute vu ici une éventuelle suite/reboot/remake à l'absent Marabout. Certes il semble ne s'en prendre à personne précisément mais plus aux emmerdeurs de manière générale mais quand même

Pourquoi tu m’appelles "Bilal" ? Tu fais zarma, tu m'connais
Comme si tu m'avais vu naître, hé, c'est Meugi Warano
Tu veux clasher, fais-le bien mais n'insulte pas la daronne
Tu sais bien qu'j'vais t'retrouver, tu sais qu'on a les bras longs

Hoho, et qui vous dit qu'il fait semblant ?

C'est donc convaincu (merde je m'éloigne de ma neutralité promise plus tôt) que j'enchaîne sur une vieille connaissance ; Mi Gna. Remix en cocktail linguistique franco-anglo-arménien carrément swag. Les trois artistes font le taf et sont essentiels au son à leur manière. D'ailleurs le son sonne encore mieux dans l'écoute entière du disque. Et pourquoi il sonne encore mieux ? Parce qu'il est carrément pas ordinaire et qu'on s'attendait pas tant que ça à le voir dans l'album. Et pourquoi il est évident de le voir finalement dans l'album ? Parce que ça cartonne. Et pourquoi ça cartonne ? Bah bonne question. On est face à un titre qui avait beaucoup d'arguments pour ne pas marcher justement.
-C'est un remix d'un son déjà existant pas trop connu.
-La langue principale est quasi inconnue sur notre territoire.
-Les artistes en feat sont pas particulièrement publicitaires.
-Maître Gims est pour le coup plutôt marginal par rapport à d'habitude.
Et pourtant ça a pris. Le succès de ce son et celui de Loup garou peuvent prouver à Gims qu'il se fait plusieurs fausses idées à propos de sa musique...  

Mais après ce morceau "futuriste" d'une nouveauté extrême et prise de risque très réussie, on vient à un retour au source. Et non pas un retour au source comme on les aime nous, un retour au pop-love scène de ménage rupture amoureuse. Tu Reviendras, un morceau ultra pilule bleue. Ce qu'il y a de bien avec ces sons c'est que rien qu'avec les titres c'est comme si tu les avais déjà écouté. Bon je m'accorde un petit plaisir coupable, j'aime assez bien le son. Il a beau être décomplexifié au plus haut point, le refrain est carrément entraînant et passerait nickel en voiture ou sur une bonne enceinte en fond d'une soirée Fifa. Maître Gims est une machine, il a beau s'aventurer sur n'importe quel terrain, il le fera toujours correctement.

La preuve avec Nos Valeurs, un titre que j'aurais bien vu dans Subliminal s'il n'était pas tant épié. Car en effet, lors de son premier bumal Gims n'avait pas encore coutume de simplifier ses sons "tout-public" le plus possible comme il le fait aujourd'hui pour à peu près tous. Un titre à la "Changer" ou "Contradiction", porteur d'un message général et absolu avec une touche de vécu et insistant bien sur l'émotion véhiculée dans l'interprétation. Et pour le coup ça marche plutôt bien, vous savez c'est le genre de son qui a ce petit quelque chose en plus qui fait que tu vas vraiment rentrer dans son univers et y être attentif dans forcer l'écoute. Big up au mec qui a fait l'instru au passage, je sais pas qui c'est mais je me renseignerai.

A ce moment de l'album tu te rend compte que ça rappe pas trop. Mais comme tu es un auditeur lambda neutre et objectif, très ouvert musicalement qui plus est, tu ne te plains pas et tu te réjouis du morceau qui arrive.

Tu ne le vois pas. Le feat avec Dadju sur cet album était inévitable sachant que le petit congolais se trouve à la fois être son frère et le phénomène du moment. Sachant en plus qu'il apparaît à deux reprises sur chacun des deux albums précédents. Bon alors de quoi parle le son ? (quelle question à la con) De Mélanie la michto qui les a largué comme des merdes alors qu'ils étaient fou amoureux l'un de l'autre...
Bon; trop peu pour moi. Je ne doute pas que ce son va ravir les 19-25 ans qui partent en camping à Salou entre potes pour pécho en boîte grâce au collé serré qu'offre le rythme de cette musique.


Mais pour moi, sans grand intérêt je vous avoue.

J'ai en revanche plus pris mon pied sur Merci Maman. Alors qu'on s'attendait tous à un titre léger et très émouvant rendant hommage à Mme Djuna, on a finalement un truc hyper arrogant et égocentrique, et ça ça me plait en général. Je sais pas exactement quel style de musique c'est mais en tout cas c'est très africain. Les paroles sont impulsives et parfois assez drôle



Le morceau où GI rappelle une chose aux rageux : il est blindé et tout lui réussi, tout en sachant qu'il part de rien. Je trouve ça sympa de transmettre ça en détail dans un morceau, ça fait presque une sorte de thème caché. Dites ce que vous voulez de lui, il a sa Maserati qui fait fantasmer les filles et il ne le cache pas.



Bref, une autre raison pour laquelle j'ai toléré "Tu Reviendras", c'est que le CD1 n'avait pour l'instant pas abusé des sons loves calamiteux copié-collé. T'es partie est tellement typique dans ce registre que je me souviens à peine du son. Pas bon, pas mauvais, juste plat. Et je crois que c'est le pire des défauts pour une musique.

Neil a beau être d'une objectivité et d'une impartialité complète, il commence à s'emmerder un peu. Le son suivant aura peut-être de quoi le réveiller ?

Encore Raté. Je vais être obligé de lapider Tu m'as dit. Le morceau est un peu ridicule pour le coup, instru ultra gadjet, thème qui tourne en rond et raconté n'importe comment, aucune recherche et donne l'impression d'avoir été bouclé en 30 minutes. Voilà je trouve vraiment rien d'autre à dire. Ah si, Bedjik est dessus. Bah son apparition ne se contente même pas d'être inutile, elle est toute claquée.

C'est avec beaucoup de lassitude que j'arrive à l'avant dernier son du disque 1, le plus bizarre du l'album. Oulala. C'est bel et bien l'interjection que j'utiliserai pour exprimer ma réaction à l'écoute de ce morceau. Je suis sûr qu'il y a énormément à dire dessus mais je ne crois pas en avoir la capacité tant c'est abstrait (bon j'ai surtout la flemme). L'instru à l'air de sortir de 15 appareils différents, et les "paroles" mélangent du "la jalousie va me tuer" et des mix de yaourts et de gimmick. On croirait presque à un troll. Nous avons trouvé ici l'ovni absolu...

...peut-être était-ce voulu la référence à Jul ?

Et enfin, on arrive à la conclusion du disque 1 (enfin c'est un bien grand mot) Bonita. Ouais bon bah c'est bien. Enfin pas trop mal. Enfin juste quelconque en fait. On dirait vraiment du Kendji Girac, qui a d'ailleurs eu droit à sa référence dans "Fuegolando" (et leur copinage en télé réalité mais on va pas en parler). Donc dans ce morceau, totalement basique (non je ne ferais pas la blague référentielle trop souvent faite et devenue insupportable), bah on apprend que l'ex compagne de Maître Gims change de pièce parce que sa présence le gène.

Ce titre, qui termine le disque 1 de manière non conclusive, confirme par ailleurs ce qu'on dit. Vous aurez peut-être remarqué qu'au fur et à mesure de mon analyse, j'ai arrêté d'énoncer les liens entre les différents morceaux placés à la suite, parce que ce fil conducteur est très minime voir inexistant. Car en effet, comme l'a dit Admin, on a l'impression d'écouter une playlist spéciale gros tubes de Gims mais rien d'autre (d'où l'inutilité de l'intro justement), tu peux même lire l'album en aléatoire ça n'y changera pas grand chose. MG semble avoir laissé de côté volontairement cette notion de cohérence, pensant que les gens n'écoutent plus les albums d'une traite et ne vont retenir que ce qui va les marquer. Toujours penser comme le public, tel pourrait être sa devise.

Conclusion

Que penser de ce disque 1 de Ceinture Noire ? Bah si on peut dire une chose c'est que le type est très très fort. C'est incroyable qu'un type qui rappe de base sache faire autant de chose et on ne le répétera jamais assez. De plus, l'intelligence de Gims est traduite dans la musique qu'il fait, tu sens que le mec comprend la musique, comprend comment elle fonctionne et comprend comment la faire fonctionner, et tout ça par interprétation de sa propre logique. Voilà pourquoi il ne doit pas s'encombrer de maisons de skeud qui en plus de lui sucer le sang risquent d'empiéter sur tout son taf.

En tout cas, cette première partie de l'album est plutôt propre. Les morceaux sont fruits de beaucoup de travail, tous des tubes potentiels sans entrer dans la facilité absolue comme beaucoup l'auraient fait, et ont le mérite de ne pas se ressembler. Cependant, on sent qu'ils ont été pensés et repensés et que ce disque veut compiler des "gros titres rassembleurs", à tel point que ça fini par tourner un peu en rond surtout vers la fin qui m'a laissé perplexe. Vous l'aurez compris si vous avez suivi mon analyse.

Mais on ne se décourage pas, 40 titres c'est vraiment beaucoup et on n'a pas encore fait la moitié. Je commenterai le disque 2 et les bonus dans la suite de cette critique parce que j'ai peur que le topic finisse par être saturé. :'D

Mais le Neil qui ne l'a pas encore écouté est plutôt optimiste car la tracklist du deuxième CD semble plus urbaine, peut-être aura-t-il droit à ce qu'il attend au fond de lui ?

SPOILER:

A SUIVRE.

Neil

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Eiss le Lun 2 Avr - 11:10

Je pense qu'on a plus affaire à une compilation qu'a un vrai album. D'autant plus que cette compilation va s'élargir, puisque que mugi a l'intention de rajouter des sons pendant l'année. Après rectification il semble qu'au judo,  la ceinture noire soit attribuée à des vétérans allant du premier au 5ème dan. Cela laisse potentiellement 2 nouveaux dans soit 6 prochains sons que waraoui pourrait avoir sous le coude.
Oui, je parle de six sons qu'il pourrait nous cacher alors qu'il vient de nous en donner quarante. Mais je suis clairement resté sur ma faim. La plupart des sons sont bien faits, mais j'ai une amertume dans la bouche, comme si j'avais j'avais ouvert un paquet de haribos pour y trouver des amandes salées. C'est très bizarre comme métaphore, mais ça me semble très juste. Sur les 5 extrais qu'on connaissait, 2 étaient rap. Ca laissait envisager un ratio de cet ordre, d'a peu près 2 cinquième de son rap, soit 16 sons rap sur 40, ce qui paraît déjà peu. Mais là il y'a 6 sons rap à condition d'élargir ses critères. Je pense que Gims n'aurait pas du mettre ces extrait en avant, puisqu'ils deviennent des ovnis sur le projet. Bon vous me direz qu'ana fi dar ne devait pas être de la partie, et que loup-garou a "fuité", mais bon rien ne l'obligeait à balancer le clip de ce dernier.

Bon si on juge le projet objectivement, à la manière d'un auditeur ouvert et multiculturel, le projet n'est pas du foutage de gueule. On sent qu'il a plus de recul sur ce qu'il fait, et qu'il a élargi ses références. D'ailleurs, il y'a beaucoup de mélodies sur l'album qui m'ont semblé super familières, voir beaucoup trop par moment. Sims essaie de forcer le passage vers la variété en s'appropriant des codes à la renaud. Et j'ai l'impression qu'on sent de plus en plus le calcul à l'écoute, par rapport à la musique qu'il utilise. Il est encore dans une phase d'approche de la variet, qui ne le met pas suffisamment à l'aise pour qu'il utilise d'autres thèmes que celui des relations amoureuses, (j'en dénombre 17) il ne parle que de ça, et c'est pas par hasard. Il s'est pas encore approprié le truc, et il nage encore dans les traces des références qu'il a dans ce domaine là, d'où la reprise de mélos un peu partout.
Il n'y a pas que de la varet non plus, il y'a de cette fameuse pop urbaine, avec des réussites et des essais qui me laisse dubitatif. J'aime bien le son sur des rythmiques indienne"Laissez-moi tranquille" , d'autres passent, mais ce ne sera jamais un album que je peux écouter d'une traite.

Alors j'ai dit qu'il y avait 6 sons rap, mais pour que ce soit clair pour tout le monde, voici les sons que je considère rap:
- Loup garou
- ana fi dar
- anakin
-60%
- chien de la casse
- Appelez la police

Et je les trouve franchement tous lourd, où au moins bon. Ils représentent bien les 6 facettes du fléau dans sa forme rap. Loup garou est un morceau performance, qui rappelle aux plus jeunes qu'il n'a pas commencé le rap avant-hier, où le bon couplet de fianso semble là pour sublimer la partie de Gims. Ce n'est pas un son sur lequel j'ai accroché du premier coup, vu qu'après l'agressivité du dz, gims paraissait presque trop doux, mais je n'ai pas pu m'empêcher de le réécouter des dizaines de fois et il est plu que validé.

ana fi dar est un morceau aussi pas mal basé sur la performance, mais plus conscient que le précédent. Il semble même avoir une certaine visée subliminale. Il s'en prend à son avocat, à la france aux cotés sombres de Paris aux gens qui me négligent et même à nos mères. Il dit être ana fi dar, donc pas parmi nous, on dirait qu'il attaque la France de manière détournée,ce qui est paradoxale, j'y reviendrai.

anakin est un gros banger trap, et si je n'avais pas du tout accroché à 150 et sofitelo, il semble avoir enfin maîtrisé ce paramètre. La prod est extraordinaire, et le son est addictif avec un mugi qui débite de manière inconstante, on arrive à se faire surprendre. Sans doute mon coup de coeur sur l'album.

60%. Alors selon les attentes qu'on avait sur ce son, on peut facilement être déçu. Si on ne le compare pas à son prédécesseur, le son est bon. On retrouve le gims sombre qui prend du recul sur lui-même et sur le système. "Pour l'instant je les vois manger dans de la vaisselle d'or et d'argent". On dirait qu'il parle de lui même. il est choqué par son millénaire, comme un schizo... Un son à réécouter avec modération, sou peine de coma hythilique.

chien de la casse, un son à sonorités très modernes, un peu planant sur les bords, qui décrit le quotidien d'un chien de la casse. On devine que gims incarne un personnage, comme d'ailleurs sur d'autres sons de l'album (entre nous c'est mort, tu reviendras), et qu'il le montre blasé par son train de vie, qui va collectionner les femmes. Un son à écouter sous prescription.

Appelez la police est un son plus léger, plus où moins afro trap, et si je n'aime pas du tout le délire de mhd en général je trouve ce son abouti, avec un gims adapté au registre.

On a l'impression que Gims a pioché les meilleurs sons de leur registre respectif, parmi une plus longue sélection. 6 sons rap qui sont très distincts, contrairement à ce qu'on avait sur la pilule rouge. Du old school au moderne, de l'egotrip au conscient, en passant par le thématique. On voit qu'il fait pas mal de rap à côté, parce qu'il semble montrer le meilleur de lui-même dans chaque domaine, et parce qu'il a progressé. Oui, il a progressé. Si je parle d'une perf de gims, vous allez me parler de Hé merde ou de la technique interdite, onde 9 ème zone arrive. Or sur loup garou, il a quelque chose en plus, un charisme dû à l'expérience qu'il a prise. Vous pouvez dire ce que vous en pensez.

Ce qui saute aux yeux en étudiant la ceinture noire, c'est le lien que Gims met entre les genres et les thématiques. Il n'y a pas de rap de loveur, onde variet cynique ou egotrip. Ca donne l'impression d'avoir deux artistes différents, voir plus, puisque d'un côté il charge la france à tout va, j'ai peur de rejoindre les militaires etc, et de l'autre il s'adresse directement à la vieille france, avec les codes de nos artistes du 20 ème siècle.Est-ce une simple stratégie commerciale pour rallier deux publics, où y a-t-il un message subliminal derrière tout ça ? Les réécoutes nous le diront. En espérant que les prochains dans soient + raps qu'autre chose.

Eiss

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Admin le Mar 3 Avr - 3:53

***
On voit qu'il fait pas mal de rap à côté, parce qu'il semble montrer le meilleur de lui-même dans chaque domaine, et parce qu'il a progressé. Oui, il a progressé. Si je parle d'une perf de gims, vous allez me parler de Hé merde ou de la technique interdite, onde 9 ème zone arrive. Or sur loup garou, il a quelque chose en plus, un charisme dû à l'expérience qu'il a prise. Vous pouvez dire ce que vous en pensez.

Humpf. Carton rouge ! digression !


Oui, effectivement, il faudrait bien que j'en dise ce que j'en pense. Après plusieurs écoutes, et après une comparaison avec les 11 sons de la pillule rouge sortie en 2015 dans le sillage de MCAR (que je vous invite à réécouter), pour moi, le constat est sans appel. Si dans ce topic le sujet du tout petit ratio de rap devient forcément proéminent, alors il faudrait ouvrir un second topic pour parler du Rap laissé dans la Ceinture Noire, ce qui me permettrait de dévellopper pourquoi je pense qu'au contraire on est là face à un pourrissement global de la situation. Pourquoi Gims se repose ici sur des acquis, et après avoir déstructuré au maximum son album, a, par effet de système, destructuré son Rap. Il est intéressant de noter cependant ce que tu as dit un peu avant, en parlant des dits morceaux :

Ils représentent bien les 6 facettes du fléau dans sa forme rap.

Ces 6 facettes, Gims ne les ayant pas toujours eut (sauf dans le cas bien sûr du conscient et du performance). Le "Banger trap" est loin de se résumer à de l'égotrip est mériterait qu'on s'y attarde, mais reste en tout cas un héritage de la pillule rouge dans ce format-là (Sans doute certains iront citer le vieux "À la mode de chez nous" du protoype 3015, mais on en serait à des kilomètres en terme d'atmosphère et de style).

6 sons rap qui sont très distincts, contrairement à ce qu'on avait sur la pilule rouge.

Mais qu'est-ce qui distinguent ces sons sinon le style, la posture prise ?

Les messages diffusés, attention ça va loin.

Dans 60%, Gims manque follement de précision. Aligner des punchlines pour se révéler des vérités sur lui-même, sur son entourage proche (les mythos qui ressentent que de faux sentiments pour lui, ou son patron malhonnête marchant comme un compas et non en ligne droite), ce qui a globalement n'a plus d'importance sachant qu'il est plein de fric (juste pour la lette-bran, j'pète une paire chez Go sport). Connecter le fait que le monde est foutu aux simples rapports de forces (sucer le sénateur) et à la non-compréhension de son art (ces paraboles que personnes ne peut capter), on réalise assez vite que finalement tout tourne autour de la personnalité de l'interlocuteur.

Et son couplet, dans Loup-Garou ? (Gims qui "se prend la tête" avec des gens qui pensent le connaître comme ses parents, blabla...), avant de s'enflammer sur une partie d'égotrip à s'en "péter les phallanges" avant de revenir sur le fait que la Sacem ne peut plus le payer...

Puis en passant, sur le premier morceau dévoilé, que Rap Genius semble lui-même avoir quelques problème à comprendre (comme à peu près la grosse majorité des sons de la pillule rouge... va falloir s'y remettre) "J'ai fait l'taff, j'réalise pas" permet de mieux déceller le sens que prend ici Ana Fi Dar. Le fait que la phrase soit en arabe a pour but de nous tromper. Gims n'est pas en train de dire que si on le cherche il s'est isolé de la France en déménageant au Maroc...

(Bien que les quintaux de commentaires sur YT balançant des drapeau marocains aient l'air de s'en battre les couilles)...

...Mais qu'il est chez lui, en fonction de ce qu'il y a bâtit. Si on le cherche, il n'est pas dans le rap, ni dans la musique "validé par la street comme le club Dorothée", il est partout à la fois, donc inarrêtable et sans frontière définie. Se définir comme seulement français, ne serait-ce que dans les papiers va l'amener à rester dans le seul champ de lutte de la musique française (l'évocation des militaires tiendrait-elle au hasard ?), pas au-delà, à l'internationale. Ce à quoi il aspire vraiment. Ana Fi Dar, pour consciente que soit les quelques punchline subliminales qui s'y trouvent effectivement, laisse dans le gros de son corps de texte des appréciations que pourrait avoir son public sur son inaptitude à rapper (et qu'il fasse des feat avec Vianney, aussi...). C'est peut-être le morceau le mieux "référencé" de tous à défaut d'être construit, mais au final, ce qu'on y apprend se résume à bien peu de chose : "Rappeur, chanteur, en fin de compte y a pas de diff'" et "Je suis devenu une star qui pèse et vous ne voulez pas le reconnaître". En terme de réflexivité on reste finalement au ras du sol, non dans l'égotrip mais dans l'égocentrisme d'un Rappeur qui ne sait plus parler d'autre chose que du succès. de SON succès. Déjà atteint. Bref.

Anakin et son rythme certes entraînant... Parle de quoi ? Si la planète pars en vrille, si l'atmosphère du sons, bien peu précisée mais parfaitement facile à reconnaître, est bien sombre et propice à la vendetta pur et simple, on est au final devant une suite d'association d'idée qui veulent faire passer sans jamais le dire Gims pour une sorte de criminel-braqueur-vendeur-de-drogue. Ou alors y a une métaphore que j'ai pas vu... ah, c'est vrai, "Morceau n'a pas de sens". Il ne regarde plus les prix. Tout le monde veut faire partie de la Fuegoteam au point que ça lui en rappelle le conflit israélo-palestinien (en terme de comparaison foireuse on est pas loin de la boulette : Mais l'évocation de ce conflit a juste pour but de donner une sorte de teinte consciente au texte, une teinte paresseuse, sachant que même les artistes les plus conformistes aujourd'hui sont capable d'être plus précis dans leurs imprécations, y a quoi voir Schnekfeu et son "Besoin de sens"). Déstructuré, ça Anakin l'est pas mal, jusqu'à ce que Meugi finissent par se comparer avec Amadeus, mais sinon, le peu de message compréhensible qui s'y trouve revient à dire "J'ai commencé dans la street, aujourd'hui faire un feat avec moi coûte très cher (voilà pourquoi je suis adulé et jalousé), de ce fait je sais reconnaître les bons et les mauvais artistes...". Fefe lamborghini, machin... pour l'instant l'aporie en terme de message est complète.

Chien de la casse ? Que Gims décide de prendre l'identité d'un personnage (comme je suspecte qu'il ait fait dans "Sofitello" d'ailleurs) ou de parler en gardant toute sa responsabilité pour lui ne change rien. Le message est à peu ou à proue le même. Trop d'argent, trop de succès, notre protagoniste principale se morfond, et n'arrive finalement à tirer de ses ruineuses escapades que de la consommation (ici : les femmes). La consommation est d'ailleurs, en règle générale, corollaire à tout le fric qu'il prétend avoir accumulé. Souvenez-vous, y a quasiment par une chanson où l'on ne parle pas de possessions matériel clinquantes.
Les 30'000 euros d'"Appelez la police" n'y change vraiment rien. ça ti-sor les gov, on l'harcèle, la vie est difficile quand on est sensible... mais tout est plus facile au volant de la ferrari. Ah ? cette ligne, si elle avait été développé, aurait pu constituer un quelconque intérêt. Mais pas dans un sons simili-afro-trap (qui est déjà un simili-style en lui-même, n'ayons pas peur des mots -_-...) avant tout ambiançant.

Bilan : putain, NON !


On a l'impression que Gims a pioché les meilleurs sons de leur registre respectif, parmi une plus longue sélection. 6 sons rap qui sont très distincts, contrairement à ce qu'on avait sur la pilule rouge.

Non seulement LCN est archi-pauvre en sons de Rap, mais ces sons de Rap, pour ovnis qu'ils sont (dans le sens où comme tu dis, ne s'intègre pas du tout à la maxi-playlist trop méga-groove) sont eux-même d'une pauvreté affolante en terme de propos. À ce stade je pense qu'il est nécessaire de revenir sur la pillule rouge dans un topic dédié, ce que je suis en train de faire justement, histoire de lui redonner ses lettres de noblesse, et en les remettant dans leur contexte de publication. Car la comparaison fait plutôt mal au cul avec ces six fillers. Gims a été, et ça a été également le cas de Black M en son temps, influencé par son environnement, là il n'y a plus aucun doute. Le Rap est comme un organisme naturel : Si on brûle tout ce qu'il y a dessus, que ce soit l'inspiration, les références, les thèmatiques et tout le reste, lorsque tout a fondu, ben il ne reste plus que la posture. S'il est très difficile de traiter ces 6 sons de "sons de commande", ils semblent avoir été avant tout dicté par la loi de la demande. Afin de ne pas vexer les auditeurs de raps (dont l'existence est de plus en plus remise en doute apparemment vu l'omniprésence des "auditeurs neutres et objectifs, ouvert musicalement" mdr - faudra vraiment qu'on en parle de ces auditeurs-là, mais j’attends la fin de la critique de Neil), Gims a décidé de mettre un concentré de posture, du rap de synthèse. Pour qu'on en arrive justement à cette conclusion : Que le rap présent dans LCN est "riche" "varié" et reflète justement la richesse des "facettes de Gims" (laissons le fléau en dehors de tout ça, pour l'amour de dieu), tout comme LCN reflète justement cette multitude de facette.

Cet échec peut s'expliquer de plusieurs raisons.

Le poid de l'image ?

D'abord, Gims, passé sur Radio Générations, semble vouloir poser son cul de façon sûr et assuré dans la chanson française, en tant que "figure incontournable pouvant se permettre d'échouer" tel Florent Pagny ou Milène Farmer. À mon avis ce trophée-là n'existe probablement pas dans l'absolu, mais c'est bien de se donner un objectif - cependant cela passe par l'écrasement, la suppression d'un passif rap qui mine de rien à bien du mal à transcender les différentes catégorie de la musique aujourd'hui. Là où le chanteur peut apparaître comme un "artiste rassembleur", les médias penseront toujours les rappeurs comme des "bêtes imprévisible à apprivoiser". Gims ayant réussi doit faire oublier ce passif honteux, tout comme un nouveau bourgeois cherchant un titre de noblesse. Les grandes télés, les grand journaux comme le Figaro se sont vite dépêcher de rappeler à cet ex-membre de la plèbe que sa présence là-bas apparaissait comme une insulte aux yeux du grand public "neutre, objectif". Gims doit changer son image, la lisser, de plus en plus, et cela passe par une association avec un label lié à une chaîne de télévision, pour s'enfoncer, irrémédiablement, dans le mensonge. Un mensonge qui commence à être véritablement visible dans La Ceinture Noire.

Le poid de l'argent.

Comprenons-nous bien, je suis pas en train de demander à ce que Gims retourne dans les conditions qui lui ont permis de produire "À 30%" par exemple, dans une posture moralisatrice de merde "Ouais l'argent change les gens blabla", non. Mais il est vraiment temps de réaliser que son environnement l'a influencé de manière radicale et que donc il se transforme petit à petit vers un artiste dont le vécu, le capital financier et le luxe dans lequel il se pavane, ne permette plus à son art de survivre dans sa forme originelle (contrairment à ce que 60% essaye de prétendre par son titre). Ce qui faisait de Gims un rappeur a part c'était aussi la façon dont il parvenait à sublimer le quotidien d'un individu normal, avec ses doutes, ses rancoeurs, et, bien que possédant peu de connaissance sur le monde qui l'entoure, d'une vision permettant de transformer les réalités qu'il touchait en art, agencer l'horreur et la cruauté pour en devenir le pire ennemi. C'était particulièrement saillant dans Subliminal. En 2013, Gims n'était pas la diva qu'il est aujourd'hui devenu. Mais la sincérité n'est plus qu'un détail pour une machine de guerre financière produisant tube sur tube. Loin d'imposer ses visions au monde de la musiques, Gims commence à s'appropier les règles explicites et implicites, des strates vers lesquelles il s'est élevé. La rançon de la gloire est bien trop belle. Et puis, après tout, que ce soit sa famille, son train de vie, ses managers, ou ses fans, qui peut donc bien penser qu'un artiste qui gagne de plus en plus ne pourrait plus être un BON artiste ?

Qui ?



À priori tout ceux sur lequel Gims a fondé sa légende. Sur tout ceux qui ont vu à un moment ou à un autre, un message, quelque chose d'authentique, quelque chose de vrai, de cracher sur la société, sur son état réel. Un message fort, faisant trembler les convictions et les structures.




Une chose est sûr : c'était évitable, et ça l'est toujours.

Vendre ce passé comme une simple posture, comme de simples produits pour une clientèle ciblée, c'est un constat d'échec mais aussi un renoncement que fait Gims vis-à-vis de ce domaine d'expression de son art. Or, on pourrait, un peu vite, arriver à la conclusion finale que Gims n'aurait pas pu rencontrer le succès tout en adaptant son art à sa nouvelle position dans le monde de la musique française...

Eh bien non ! FAUX : Gims en est capable. Bon, vu le tournant anglophone qu'il prend il ne le fera sans doute pas dans un futur proche, mais... qu'importe si cela existe déjà. C'est tout un CD... et ça s'appelle la pilule rouge. Pourquoi revenir au projet précédent ? Parce que dedans il y a pour ainsi dire absolument tout. MCAR était en ce temps-là très parlant, musicalement parlant. Dans une certaine mesure une bonne part des sons de LCN étaient déjà plus ou moins annoncé. MCAR, dans sa partie bleue, a bien vendu, mais étant assez oubliable, on s'en souviendrait à peine sans les apports donnés par la pilule rouge. ABCD, Melynda Gates, Longue Vie, Uzi, Sofitello... La Main du Roi. Tout y est, même dans ses sons les plus mineurs ou considéré comme "moins bons" (tel le Barillet ou Angelina). C'est, à mon avis, un cadre parfaitement fonctionnel. La façon dont fonctionne la pilule rouge aurait pu d'ailleurs donner, si ce modèle avait été exporté dans la Ceinture Noire, quelque chose... d'autre. Mais encore faut-il comprendre en quoi la pilule rouge est un modèle, ce qui est un autre sujet. Un tout autre sujet. Cette petite disgression est close, la suite aura lieu dans un autre topic.

***

Nous revenons donc à la critique de La Ceinture Noire dans son intégralité.

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Eiss le Mar 3 Avr - 10:08

A propos d'Anakin, j'ai vu dans un plante rap sur skyrock qu Gims disait avoir voulu imaginer la manière dont dark vador aurait rappé si il était rappeur, d'ou le filtre bizarre. Par rapport au fait qu'il ait progressé, je me suis fait mal comprendre. Il a progressé en terme pur et simple de performance, j'entends par là variation de voix et de flows, où on sent qu'il a pris de l'expérience. Pour la suite j'attends l'autre topic.

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Admin le Mer 4 Avr - 0:28

( tkt Je comprends - Mais heureusement que tu l'a dit comme ça, parce que sinon j'aurais eut bien du mal à rebondir pour ouvrir cette parenthèse rap :T oui, l'analyse ci-dessus datait d'il y a une bonne semaine et je cherchais à la placer m'en voulez pas xD)

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Neil le Jeu 5 Avr - 21:06

Débat très intéressant, même si les mots de Eiss n'étaient pas justes pour qualifier le rap actuel de Gims (pas grand chose à avoir avec le Fléau) je suis pas d'accord avec Admin, je trouve au contraire que Gims est fidèle à lui-même à 100% sur ces sons-là. Mais là n'est pas le sujet, je développerais mon avis sur le topic en question comme vous l'avez tous si joliment dit. Je reprends ma critique sans plus tarder, certes je prends du temps mais y a des choses à dire.

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Admin le Ven 6 Avr - 23:37

je trouve au contraire que Gims est fidèle à lui-même à 100% sur ces sons-là.

Ah bon ? Hésite pas à développer cet avis-là dans ta critique, y aura pas besoin d'un topic entier pour ça e_ê

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Neil le Mar 17 Avr - 15:27

Avant toute chose, il y a une remarque qui concerne le disque 1 que j'ai zappé et qui me paraît assez importante : c'est à propos du morceau "Merci Maman".
Réécoutez-le, et dites moi si vous ne voyez pas une énorme ressemblance avec "Christophe" de Orelsan, sur lequel notre serviteur est d'ailleurs présent. Les deux morceaux se ressemblent en tous points ; l'instru reprend les mêmes notes dans la boucle, les paroles un peu débiles exprès, le refrain qui fait sauter la têtes, les couplets de même durée..

Est-ce voulu ? Faudrait mener une enquête.



****



Bref, 40 sons c'est long à décortiquer vous avez bien vu, je suis déjà suffisamment con de le faire titre par titre donc commençons sans plus tarder.

*Le Pire*. C'est pas la méchanceté des hommes, non non, c'est la véracité de ce qu'as dit Admin. Oui, oui, oui ! C'est vraiment bien de l'avoir souligné ça, les sons qui nous donnent l'impression d'être de Subliminal dans leur structure. Cette intro du disque 2 en est un bel exemple. On y retrouve la voix fortement poussée dans la mélo, l'instru guitaresque et même le côté fatigué de Meugui face à ce que les gens lambda lui font subir (La Chute, J'me tire...) :

J'vais raconter mes problèmes à des gens qui vivent dans l'aisance
Ils vont me prendre au sérieux que si j'm'asperge d'essence
Ou p't-être que, tout simplement, j'n'intéresse pas grand-monde
J'suis p't-être une valeur marchande aux yeux de quelques passants

Bien de démarrer le CD2 par ce son car il est du Maître Gims tout ce qu'il y a de plus classique en un sens, pour les raisons évoquées. Bon celui-là beaucoup d'entre vous savaient plus ou moins ce qu'il allait en être grâce à la cover dévoilée en studio sur la chaîne du maître; donc ce n'est pas vraiment une découverte ce coup ci.

Celle-ci arrive avec Où aller. En terme de "morceau vraiment classique dans son type" on est au seuil. En plus d'être un énième son romantique, ce morceau semble avoir été pensé pour être un tube idéal. Mélodie très simple, avec des "oh toi ma bien aimée" par-ci par-là et rythme très dansant. Mais je le trouve déjà plus honnête que celui avec Dadju dont j'ai fait exprès de ne pas me souvenir du nom.
Sûrement la même stratégie que pour "Tant pis", ce son va permettre à ceux qui l'écoutent sur CD de se dire assez vite "ouah le kiffe" et de démarrer l'écoute sans se faire chier.

A propos de chier, on enchaîne avec Tu m'as mis dans la merde...

(Très raffinée ma transition, n'est-ce pas ?)

Sorte de Raggadance à la One Shot, toujours sur le même thème mais en plus festif, et pour ce qui est des sons à la Subliminal, celui-ci est certainement l'un des plus représentatifs dans cette catégorie. C'est vraiment incroyable il me fait totalement sortir du projet et me donne l'impression d'avoir été fait y a 4-5 ans et ça pour absolument tout : la structure, l'instru, la manière de poser...

Ah, excusez-moi, ce son date bel et bien de l'époque de Subliminal, Meugui l'a confirmé sur Géné, donc adieu les propositions de théories d'un "retour sur les bases" sur ce son...

Plutôt sympa le son, je préfère largement ce type de morceaux ambiançants que les morceaux comme Fuegolando. Certes la tendance des sons clubs va plutôt au type de dance zouk Despacitesque plutôt qu'au "sauter-sauter", mais quand on est pas sociable comme moi et qu'on écoute les albums tout seul sur son ordi, je préfère bien bouger la tête tout seul comme un demeuré.

[...]

Mais passons parce que le son qui suit est un de ceux qu'on avait tous hâte d'entendre. Anakin. Un morceau rap, oui enfin ça commençait à dater tout ça. Que peut-on en dire ? Bah pour ma part c'est assez lourd, on est face à un titre très moderne, presque futuriste et ça en jette. Oui, ça kicke pas comme à l'ancienne et les propos tenus sont pas les mêmes (quoique) mais bordel de dieu ça envoie ! Ta réaction à l'écoute sera celle d'un mec qui kiffe et pas nécessairement celle d'un mec qui réfléchis (bien que la réflexion est tout sauf dispensable dans un cas comme ça).
On entend ici le Maître Gims à la Booba, arrogant de son succès et sa fortune et très cru, sans thème et partant dans un sens puis dans un autre.

Tu m'appelles, j'décroche pas en dessous d'six chiffres
Y'a Waraoui qui sort des chiottes, y'a de l'or vite, vite
T'es mauvais, j'le ressents, énergie psychique
Je sais déjà c'que j'vais vous faire, j'fais semblant d'réfléchir


Puisqu'on parle de Booba à propos de Maître Gims, il faudra vraiment que je fasse la comparaison développée de ces deux artistes qui ont pour moi presque tout en commun, c'est vraiment ouf (même si un clash les opposant semble bien parti).


Il nous en aurait fallu un autre, dommage !

Ah aussi sur Anakin, la qualité du mixage et de l'arrangement me donne l'impression de donner un petit quelque chose en plus mais c'est très superficiel là, en tout cas un son comme ça, aussi exclusif qu'il soit, est un bon rappel de qui est Maître Gims (j'en connais qui vont certainement pas approuver ce que je suis en train de dire) et me redonne bien la patate pour la suite de l'écoute !

Malheur, malheur, on n'en aura pas beaucoup d'autre. Mais pour le coup ça va encore car on est face à un morceau très intéressant. Une sorte de balade à la guitare remplie de mélancolie. Tout en rentrant dans la théorie d'Admin pour les sons à la Subliminal, il coïncide très fortement, lui et d'autres sons, avec la théorie de Eiss (confirmée par Gims) qui voudrait que Meugui veuille ressembler aux chanteurs de variet ultra classique. Qui sait, en étant finalement pas dans le jury de The Voice, peut-être espère-t-il avoir sa place avec Garou et Patrick Fiori dans la reprise de Esméralda ?



Bon sinon, si j'ai quelque chose à reprocher au son (et c'est assez rare que j'ai cet opinion) c'est qu'il sonne trop "studio". Pour un morceau balade guitare le côté arrangement et mixage est beaucoup trop présent et chasse le naturel. Je m'en suis surtout aperçu après l'avoir comparé au live de "C a vous" qui me semble par conséquent beaucoup plus vivant. Vous en pensez quoi ?



On enchaîne avec Mon Coeur Meurtri. Le titre et les premières notes de mandoline me persuadaient que j'allait entendre un énième Tout Donner; et là le beat part et...

Ouch. Ah ouais. Aïe aïe aïe. Du coupé décalé, qui se mélange hyper mal au ton monotone de la mélodie et Gims arrive même pas à poser correctement sa voix dessus, on dirait presque que ses phrases sont boiteuses et ça ne va pas du tout ensemble. Il a peut-être tenté le tube de sa carrière en mélangeant Sapés comme jamais et Tu vas me manquer, mais là c'est bel et bien un échec pour le coup..

On arrive sur un morceau (qui contredit totalement le précédent) qu'on avait aussi bien envie d'entendre : Gunshot, le titre sonne bien pera non ?

Hahahahaha tu parle d'une carotte ! Surtout qu'on dirait que Gims avait prévu de nous niquer en renforçant son faux espoir avec le explicit et la courte durée du titre plus en utilisant ses marques de son rap dans l'intro du son : "ce genre de vie", "tu t'attendais à quoi" et autres "warawi warano"...

Bon ok, c'est pas vraiment chanté y a presque un flow mais PUTAIN c'est du gros foutage de gueule, une rythmique de batterie kainfr toute claquée et des paroles débiles qui parlent de cul. T'as raison Admin c'est pas cohérent. En citant son nom plusieurs fois dans le morceau, il fait difficilement croire qu'il joue un personnage, c'est bel et bien Meugui ici qui sort le lambo pour aller baiser des putes sans claquer sa tune...

Attendez voir, peut-être que le libertinage décrit dans Gunshot et dans un autre morceau qui vient après est le facteur premier de tous ses problèmes de couples qu'il décrit dans 20 sons sur 40 ? Y a peut-être un sens à tout ça allez savoir.

En tout cas, je me demande comment réagirais la ménagère qui écoute le skeud en voiture avec sa fille de 8 ans et qui tombe sur ce genre de titres :'D

J'lui emmène voir un film pour qu'elle fasse pas de cinéma

Hohoho mais c'est qu'on fait des jeux de mots Gigims ?

Bref c'est de la merde. En revanche, le morceau qui suit reprend un peu ce côté "jm'en fou de tout" mais mieux réussie. La Nuit c'est fait pour dormir (citation du turfu) avec deux invités de marques qui sont Orelsan et H Magnum.
Je trouve pas le son à jeter comme tu le dis, Admin. Bien sûr le terme que tu as employé, "idiot" est assez juste mais c'est voulu et c'est assumé. C'est plutôt drôle finalement, certes si on s'attendait à un classique de maîtres paroliers on peu repasser plus tard mais franchement c'est du pur Orelsan qu'on entend (je vois pas sur quel autre titre il aurait pu poser) et H Magnum est pas trop dégueu non plus finalement.
L'instru à un petit quelque choses avec l’accordéon à la parisienne et pour ce qui est de bouger la tête ça en jette ! Bon je conçois qu'il ai fait des mécontents mais perso je le garde.

Le calme après la tempête surgit. Tu me l'avais promis, morceau de rupture très très chiant triste. Une rythmique à la Tout donner, mais ce coup ci je vois pas comment un son comme ça peut réellement cartonner (même si ça va très certainement être le cas). Alors qu'on sent que les autres sons de ce type sont hyper formatés, celui-ci me semble beaucoup trop abstrait. Il m'a fallu plusieurs écoutes pour distinguer ce qu'étaient les couplets et ce qu'était le refrain entre les "tu me l'avais promis x3" et les "et pendant ce temps tout s'en vaa".
J'ai presque l'impression qu'il s'agit d'un morceau d' 1:30 qui reboucle une deuxième fois tellement y a aucune distinction entre les deux parties. Non franchement je pars sur un non là aussi.

Corazon est sans doute la suite plus dynamique de Tu me l'avais promis. Ce morceau a pour seul intérêt sa rythmo-mélodie. Tu sais très bien en l'écoutant qu'il a d'abord été fait en yaourt et que les paroles ont été formulées à la dernière minute. Même si je n'ai pas grand chose à dire sur ce titre, il fait partie de ceux qui emmènent GI dans des univers qu'il avait assez peu exploités jusqu'ici. Ces mêmes univers qui vont peut-être en faire une star internationale ? (on va y revenir).

Ah au fait, big up au sample de voix étouffée de Meugui, ça faisait longtemps qu'on n'en avait pas eu ! Very Happy

Aaaaah et là on passe aux choses sérieuses ! Avouez que même si vous connaissiez déjà le titre, vous étiez contents de le réécouter après toute cette varietoche. Ana Fi Dar, qui est finalement le vrai premier extrait de l'album.
Bon c'est vrai qu'il est assez mal masterisé (et non pas mal mixé, I'm correcting for you Admin) et semble avoir été rajouté de justesse sans être repassé aux manettes. Ok, ça fait une petite coquille mais ça fait finalement plaisir de le retrouver là ! Il a tout à fait sa place ici, enfin un rap avec une ambiance salement sombre, qui s'emboîte sans précaution sur un peu tous les sujets de société, il redonne le petit ton engagé à Maître Gims qui semble s'estomper avec le temps.
Et puis ça kick de fou là, on n'a même pas l'impression que c'est le même artiste qui vient de faire Corazon une track plus haut. D'ailleurs une des phases semble vouloir annoncer l'album :

Dans l'Viano, y'a du Meugi puis, d'un coup, c'est du Vianney
(...)
J'kicke depuis tout l'temps, ouais demande à Fianso

Bon j'avoue que ça fou un peu les boules d'en être au troisième son rap à la 28ème putain de track. Si je dois en revanche faire une remarque moins négative, regardez Ana Fi Dar radicalement différent de Anakin lui-même n'ayant rien à voir avec Loup Garou..
Maître Gims est impossible à classer dans un style de musique et même dans un style de rap. La polyvalence est en lui et ça a toujours été le cas. Et je pense pas non plus qu'on puisse parler de "sons de commande" mais j'y viendrais à la fin.

On change totalement d'ambiance en arrivant à Skyfall. Que peut-on en dire si ce n'est que les premières mesures ne doivent pas être sorties de leur contexte ?

J'aimais t'observer en douce
quand tu sortais de la douche
Des frissons quand tu me touches

Des mauvaises langues diront que j'ai l'esprit mal placé mais franchement je trouve ça un peu trop transparent. x)

Oui bon ok, je reconnais que celui-ci à un petit quelque chose, même si la tentative d’imitation de Adèle passe plutôt bof, on a sûrement le son love le moins dégueu de Ceinture Noire (je pige toujours pas le titre de ce disque au passage).

On y est, 60%.

Certes certes certes, ce son n'égale en rien son "prédécesseur" mais à mon avis il faut le prendre autrement que comme la suite de 30%. Je pense pour ma part que le fan service qu'est ce morceau a eu ce titre en guise de simple clin d'oeuil simplement parce qu'il se doutait que ça allait parler aux auditeurs un peu renseignés.
Le morceau est totalement à l'ancienne. les vieilles gimmick type "akhi", les dédicaces aux arrondissements, le flow lent et posé, les punchlines sans thèmes qui font réfléchir (oui oui vraiment dans le style de Meugui)(ce serait intéressant de faire un top de ses meilleures d'ailleurs), le piano breson sur le refrain, putain de merde ce son a tous les ingrédients pour te rappeler les 30%, Glock, Noir et j'en passe.

Personnellement je n'irais pas chipoter avec les histoires d'"auto caricatures", même si je comprends où tu veux en venir. Ce que je dis n'engage que moi mais je trouverai ça ingrat de ma part de critiquer pour telle ou telle petite chose un pareil ceaumor. Je suis peut-être trop bon public mais ça faisait depuis 2011 qu'on avait pas entendu Meugui dans ce style (ça commence à dater), et même en étant ouvert à la modernisation du pera j'ai toujours rêvé au fond de moi d'un son bien bien à l'ancienne et je ne pensais même pas que Meugui puisse réussir ce défi là. Et pourtant il l'a fait. Vu la rareté des sons rap de l'album en plus je reçois celui-ci à bras ouverts.

Allez on termine tout ça avec Je n'ai rien promis (la phrase répond-t-elle au titre d'un morceau précédent ? o.O); morceau assez simple et posé dans lequel Gims pose en quelque sorte son bilan. Ses amis, ses ennemis, ses victoires, ses échecs. Ce son là me semble faire écho à Tant Pis, sorte de justification de là où il disait "je ferais des fautes ça prouvera que je ne suis qu'un homme". J"ignore si c'est voulu mais ça fait un petit semblant de cohérence.

Voilà ça c'est fait. Alors le CD 2 m'a quand même semblé plus conservateur/moins moderniste et actuel que le 1, de par les morceau ressemblant à Subliminal et les sons rap plutôt reculés (trois fois plus de pera que dans le disque 1 quand même xD). Après c'est peut-être le fruit de trop forte interprétation (ou de hasard) mais je le trouve peut-être un peu plus aboutit. Même si ses intentions sont les mêmes bien entendu.

Passons les bonus assez vite. La première dan nous propose deux remix avec des kainri, comme l'avait fait Je te pardonne pour la pilule bleue. Oui, je pense aussi que Gims sait très bien que les feat français/ricain ne marchent pas et préfère garder des versions simples des sons afin de ne pas gâcher leur potentiel, ce qui lui permet d'utiliser ceux-ci comme prétextes pour décoller avec moins de difficulté aux States.

Qu'avons-nous donc ? Corazon a été remodelé en anglais ce qui rend mieux je trouve pour le coup, ça sonne pas trop foireux de la part de Gims et Weezy fait une assez bonne apparition (paraît qu'il n'a même pas demandé à être payé et qu'il a juste kiffé le yaourt que lui a envoyé Gims). Bon le remix de Caméléon est assez inutile, Quincy n'apporte strictement rien au son si ce n'est sa présence, y aurait fallu s'y prendre autrement. Et dans tout ça on a Appelez-la police, afro-trap dans lequel Meugui choisit de kicker ce qui est assez surprenant. Le son est plutôt efficace même si MHD n'est pas très impressionnant dessus ce coup ci (je dis pas qu'il l'est d'habitude mais un peu plus), ça nous fait en tout cas une bonne surprise.

La deuxième dan nous propose d'abord PS que j'ai d'abord trouvé mortellement ennuyeux. Mais après l'avoir entendu passer plusieurs fois à quelques soirées, je me suis aperçu qu'il passe carrément bien en fond. Peut-être est-ce là l'intérêt de tout l'album ? Ensuite Chien de la Casse est plutôt pathétique certes, mais c'est clair qu'on a affaire à un son rap, même sans "forcer un peu". L'instru me rappelle fortement All the way up déjà assez souvent pompée :



Encore du rap "ambiançant" qui laisse à désirer sur énormément de points, mais bon c'était un risque à prendre s'il voulait varier son univers rapologique. Et enfin Je t'en veux n'a pas grand chose pour lui non plus, si ce n'est le fait que Meugui devrait consulter un psychiatre car sa situation devient inquiétante, on croirait presque à de la schizophrénie en suivant Chien de la Casse.

Puis la troisième dan nous envoie d'abord sur Everytime.



Premier son solo totalement chanté en anglais, et oui ça devait arriver. Remercions d'abord Jean-Michel Accent qui a du l'assister dans l'écriture et qui n'a injustement pas été crédité; voilà un vrai morceau à ambition. On connaît les immenses intentions de Gims, il veut faire le tour du monde (l'Europe et l'Afrique c'est pour les tafioles) et si dit qu'un morceau anglais passera inaperçu dans les playlists radio kainri. C'est assez dommage de s'arrêter à cette idée là car d'une part la musique actuellement la plus vue de Youtube n'est même pas en anglais (et c'était rarement le cas pour celles qui ont précédé), et je trouve ça important de garder son identité en conservant sa langue maternelle. Mais bon un seul son pour essayer pourquoi pas. S'il atteint ses objectifs j'ai juste peur que le Maître se sente pousser des ailes et creuse trop loin dans cette direction. L'avenir nous le dira.

Sinon La Vérité est pour ma part ultra pénible à écouter et l'autotune, bien que plutôt bien géré, passe pas trop dans un son mélodique comme ça à mon avis. Je l'ajoute à mes déchets. Et enfin la finition avec Les Roses ont des épines. Admin je te trouve assez dur envers ce son. J'ai pas trouvé personnellement que ça sonnait tellement faux, c'est pas le premier piano-voix de Maître Gims et encore moins son premier morceau amoureux un peu cucul. Et même le côté "poétique de Paris" n'est pas tant présent que ça, sur une mesure, pas trop explicite non plus. On peut l'interpréter comme on le veut. Même dans sa chambre de bonne de Ze-Art il a pu vivre de folles histoires d'amour, allez savoir ? Et musicalement je trouve que contrairement à La Vérité par exemple, il se laisse carrément écouter.


IV/ Conclusion de Neil : la confirmation de Meugui ?

Ceinture Noire n'est certainement pas absent de défaut mais est un bon projet. On peut noter que la quantité titanesque de sons n'empiète pas spécialement sur la qualité (ces problèmes là viennent d'ailleurs) et c'est plutôt bien joué. C'est évident que Gims veut aller sur tous les terrains, on a ici 40 sons dont très très peu (voir aucun) ne sont similaires. Après des fois c'est réussi et des fois ça l'est moins. A titre personnel, voici la tracklist que je retiens :

Spoiler:

Ça me fait donc 27 sons
2. Tant pis
3. Caméléon
5. La même (en duo avec Vianney)
6. Loup Garou (ft. Sofiane)
8. Laissez-moi Tranquille
9. Mi Gna (ft. Super Sako, Hayko)
10 Tu Reviendras
11. Nos Valeurs
13. Merci Maman
16. Oulala
18. Le Pire
19. Où aller
20. Tu m'as mis dans la Merde
21. Anakin
22. Malheur, Malheur
25. La Nuit c'est fait pour dormir (ft. Orelsan, H Magnum)
27. Corazon
28. Ana Fi Dar
29. Skyfall
30. 60%
31. Je n'ai rien promis
32. Corazon (ft. Lil Wayne)
33. Appelez la police (ft. MHD)
35. PS
36. Chien de la casse
38. Everytime
40. Les Roses ont des épines


Cependant, malgré les quelques déchets, 40 titres est-ce une si mauvaise chose ? Bah pas tant que ça. J'aurais trouvé ça idiot de la part de la plupart des rappeurs mais dans le cas de Maître Gims ça a son sens. Pourquoi je dis ça ? Parce tout d'abord Maître Gims est sûrement l'artiste français francophone le plus polyvalent qui soit (je rappelle que le mec débute freestyleur dans les halls et espère finir sa carrière en opéra), et dans son besoin d'aller sur tous les terrains (ça peut aboutir à des échecs hein c'est pas la question), ça peut être intéressant de faire une compilation d'un paquet de morceaux même si c'est en dépit d'un projet cohérent et structuré. Ensuite, la deuxième raison c'est que comme il le dit si bien il vise le soleil.



Oui, depuis le début de Sexion d'Assaut il est le plus ambitieux, il est celui qui cherche à trouver la route du succès, et qui sait le mieux la trouver. Et on peut constater qu'il s'est mis dans une spirale infernale, plus son succès est grand, plus ses ambitions grandissent avec. Il cherche clairement à être une icône au vu de toutes les nations, ceci peut être une mauvaise chose et peut détruire l'artiste en le forçant à être une parodie de lui-même; mais rusé comme un renard il sais s'y prendre. Sa métamorphose a été progressive, il a su se placer là où il devait être là où beaucoup de rappeurs se plantent en voulant suivre le même chemin.

Alors dans cet album, on a du moyen et du mauvais, mais on a aussi et surtout du bon. Et comme on l'a dit, je pense qu'avec ces 40 sons il a plutôt été télépathique avec son auditorat en nous disant à chacun d'écouter tout le projet et de retenir ce qui nous plaît, et n'importe lequel des morceaux de cet album aura de quoi plaire à un maximum de personnes et de groupes. Beaucoup ont cherché à en faire autant et c'était un fiasco (#lesgrosyeuz), mais ici le talent, le travail et l’authenticité sont présents. Je ne peux que lui souhaiter de réussir.

Et le rap, dans tout ça ?

6 sons rap sur 40 c'est très peu, c'est rien du tout en un sens. Beaucoup ici, moi le premier, sont frustré par cette très faible quantité. Peut-on penser à un boycott ? Non je ne pense pas, tout simplement car ces morceaux, aussi peu nombreux qu'ils soient, occupent quand même leur place dans le projet (je peux vous assurer que j'aurais gueulé à la bouse de l'année si tel n'avait pas été le cas). Si dans ses calculs, Meugui s'était dit qu'il vallait mieux passer le rap à la trappe (putain y a une petite subtilité dans ce que je viens de dire non ?) il n'aurait pas fait de morceaux comme Loup Garou ou Anakin ou alors les aurait balancé gratos sur Youtube sans les mettre dans un skeud.

Admin a écrit:Entre chanteur et rappeur, Gims est, et de très loin, à considérer comme…

Un Chanteur.

Oui, et faut qu'on l'accepte, aussi dur que ce soit. Le chant est la réelle vocation de Meugui, bien que le rap en a été une énorme pour lui aussi. La raison à tout ça ? Je serais surpris que le poids de l'image ai grand chose à voir avec ce fait, sur n'importe quel interview ou plateau télé, Gims ne cesse toujours de répéter qu'il est de base un rappeur et il a l'air mine de rien de tenir à ce titre là, très fortement même.


(C'est un exemple parmi des milliers mais ça date d'il y a seulement 2 ans, certains sont plus récents).

Le poids de l'argent, oui, et c'est même une évidence. Maître Gims pense toujours buisness et ça se voit dans tout ce qu'il entreprend, il sait que ses morceaux qui vont lui rapporter l'oseille de la SACEM et lui permettent de se propulser et de se mettre en avant sont les plus chantés, les plus dansants ou les plus sucrés. Et vu les ambitions gigantesques de CN, il a certainement dù faire son tri en privilégiant ce qui sera plus bénéfique pour sa carrière de Goldman.

MAIS, un argument vient faire le contrepoids dans tout ça. https://www.13or-du-hiphop.fr/2018/03/08/maitre-gims-loup-garou-son-nouveau-single-avec-sofiane/

Loup Garou a fait single d'or, et je vois énormément de gens autour de moi écouter ce son dans la vie de tous les jours. Oui, on peut penser (avec raison) que la présence de Fianso y est pour quelque chose mais regardez, Black M avait fait la même collab sur un son semblable quelques mois avant et ça n'avait pas pris du tout. De plus, Gims a autant été ovationné que Sofiane sur ce morceau et son couplet à lui est tout autant retenu.

Ceci est très important, les gens se sont remis à aimer entendre Maître Gims rapper, il lui fallait juste mieux exploiter ce côté là sans se dire bêtement que le rap réfléchi est technique n'intéresse plus personne. Un deuxième indice : le premier clip qu'il a balancé après la sortie de l'album est celui de... Anakin, déjà deuxième des tendances.

Est-ce le fruit d'accidents ou est-ce que le rap se remet à sourire à Meugui ? A suivre de très près

Neil

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Neil le Mar 17 Avr - 15:29

Ah bon ? Hésite pas à développer cet avis-là dans ta critique, y aura pas besoin d'un topic entier pour ça e_ê

Si, je t'assure que si, c'est mieux. Y a énormément à dire là dessus.

Neil

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Re: La Ceinture Noire - Critique

Message par Admin le Mer 18 Avr - 0:53

(On peut toujours trouver à dire, ce n'est pas le sujet. Je disais ça afin de prévenir du Hors-sujet : Dans le topic de critique de la Pilule rouge l'idée est pas de parler de La Ceinture Noire. Sinon il faudrait faire un nouveau topic pour le justifier si ce n'est pas ce que tu as déjà fait dans ta critique part.2).

Bon, eh bien, on a réussi à se tapper la critique-marathon d'un skeud de 40 morceaux, je suis assez fier de nous. D'autant que les repères habituels présent pour des albums plus "normaux" sont totalement absents du prompteur, s'y retrouver n'est de loin pas si évident. Déjà je me demande comment j'ai pu confondre mixage et mastering (c'est bien le deuxième terme que je voulais dire), je pense avoir parlé de mixage car en effet en comparaison avec l'ensemble des pistes le sons ne me semblait pas être au "bon niveau", telle est l'illusion donné par la voix un peu sourde de Gims qui semble venir de l'arrière-boutique.

En sommes je n'ai pas de grosse opposition à poser là, les goûts et les couleurs (qui sont essentielle, d'une certaine façon, pour juger de certains sons) diffère et complète les critiques d'un album fait pour ne pas laisser trop indifférent. Il y a peut-être 2-3 choses que je dirais vis-à-vis de la critique elle-même.

Son groupe a connu un immense succès vers les années 2010-2012 grâce aux compétences respectives et complémentaires de tous ses membres. En fait non, uniquement grâce à lui.

C'est drôle car justement c'est une vision que je reproche à ceux qui ne connaissaient pas bien Sexion d'Assaut. Je n'ai pas finis la critique de la pilule rouge, mais dans l'introduction, je m'étend sur la différence entre les différents publics, faisant la distinction (caricaturale) entre connaisseur et auditeur "neutre, objectif et musicalement ouvert" qui ont pris la Sexion pour un boy'z band grâce à Désolé. Il faut pas se méprendre, je ne dis pas que c'est ton cas, c'est juste que l'analyse m'a amené à le dire, et je voudrais pas avoir l'air en la publiant de balancer une sorte de message subliminal. Mais, disons, je ne considère la théorie du "Gims seul raison du succès" vrai que dans une certaine mesure. Pour la catégorie de public que s'est constitué Meugi, on peut effectivement dire qu'il a réussit à se le constituer seul : une majorité de ce public est un flux de clientèle ciblée et non pas des gens le suivant avec loyauté comme c'est souvent le cas des vrais rappeurs par exemple (ce qui explique le taux ridiculement bas de ses défenseurs attitré). Mais la légende de la Sexion ne peut pas en elle-même se résumer à quelques refrains, aussi accrocheurs soient-ils. Mais si la limite connaisseur/touriste peut être posé de façon même vague, je fustige l'idée d'un auditeur "neutre et musicalement ouvert". En tant que tel, en parlant de ça au premier degré, ce n'est pas une position qu'on peut prendre dans une critique, parce qu'il nous est impossible de suspendre notre propre faculté de jugement. Or si nous sommes sur ce forum, c'est précisemment qu'on a derrière nous une histoire et des expériences qui nous ont amené à avoir un certain avis de Meugi. D'ailleurs n'est-ce pas le message de ton introduction ? Si on part avec l'idée qu'on doit le succès de la Sexion à Gims, on ne peut pas ensuite déclarer plus tard agir comme un tout nouveau auditeur qui ne sait rien de lui. On pourrait techniquement choisir de se faire passer pour un tel auditeur (en essayant d'imaginer que cet auditeur existe), mais alors, sur quoi se baser pour juger et comparer ? Peut-être faudrait-il se baser sur la comparaison entre Gims et les chanson du top 50 international, ou celui de la France. Mais même de cette façon, difficile de ne pas établir des liens en fonction des connaissances acquises sur des artistes qu'on suit depuis des années. Aucun de nous deux ne savait que tel ou tel morceau était sortit de l'époque Subliminal et pourtant... Tu en as trouvé certains. Tu n'as jamais remarqué que les Enzo et les Loana qui venait mettre leur top commentaire sous le clip de MiGna ne te ressemblait pas ? Tu as quelque chose de plus qui te permet de deviner l'avenir en fonction du passé, Neil...


Et, oui, c'est dur d'en échapper. On peut avoir tout les goûts du monde (et donc tout les avis), ceux-ci dépendent vachement de ce qu'on connaît, de notre expérience, et c'est pour ainsi dire impossible de faire sans. Je sais que le "neutre et musicalement ouvert" était peut-être rhétorique, mais il fallait que je le dise pour que mon avis soit totalement claire à ce sujet. D'ailleurs à partir du morceau 60% il est évident que nos réactions sont décidé d'avance par la connaissance de morceau vieux de plus d'une décennie.
Prendre une telle position, celle d'un auditeur non-connaisseur peut cependant avoir des conséquence, comme celle de refuser la comparaison avec d'anciens projets qu'on ne serait pas sensé connaître, qui peut pourtant être également extrêmement riche au bout du compte. Et là je dirais plutôt ça au niveau du Rap.

Mais puisque nous parlons de la Ceinture Noire, l'arrivée de Loup-Garou parmi les singles d'or n'est PAS un accident, ni même un signe du destin. Je suis assez surpris du nombre de gens qui semblent découvrir que cela fait partie des capacités de Meugi que de rapper vite : La plupart des gens sont venu grâce à la collaboration avec Sofiane, dont tout apparition jugule un public pas très exigeant, mais assez "Rap bourrin" dans l'âme.
Quant à l'éventuel succès futur d'Anakin, comme tu l'as dit toi même il sors dans un contexte particulier, celui du clash avec B2O. J'aime beaucoup B2O mais c'est un gamin de 6 piges dans un corps d'Hulk. Ses clashs partent toujours d'étincelles sans intérêts, ne sont mené qu'à des fins de stratégie commerciale pour exciter les morveux, et bien que j'apprécie des projet comme Nero Nemesis, Zoulette n'aura pas mon soutien dans aucune de ces passes d'arme enfantine, pas plus que Rorof et autre Fouiny, quand c'est pas carrément Seth Gex qui s'y met. Merde, on a vraiment autre chose à foutre...
Ceci étant, le clash nous informe de deux états de fait, le premier est que de toute évidence Booba achète des streams (s'exciter de la sorte ne peut pas avoir d'autres origine...) et le deuxième, c'est que, clairement, ce coup illustre la stratégie du jeu de carte mis en place par Meugi. Dans le set qu'est le Yaourt Noir la Ceinture Noire, paf il sort Anakin, "tu parles trop comme les mecs de la chicha hey", la vanne sur la palestine etc. qui, dans ce contexte, amène la vidéo porté par le nom de Gims à avoir 10x plus de vue que "Trône" en 10x moins de temps, on peut dire que Booba l'a dans le cul. Mais bon, c'est ce qui arrive quand on choisit mal ses cibles :T
Et même si c'est rigolo, le clip avec ses stormtroopers HS (dans le cadre où seul le nom d'Anakin est cité ça risque pas d'être très compréhensible pour le public actuel) qui se trémoussent est juste un peu risible et sans grand intérêt. On notera pour l'instant la surreprésentation des sons Rap, qui de fait s'en trouve pour la moitié déjà clippé. Peut-être est-ce là une idée pour apparaître comme plus "Rap" et pousser le plafond de verre qui empêche Gims de percer en streaming, pour la majorité de ses morceaux du moins, son absence du top 50 france est assez visible, là où Lefa et ses 800 ventes physiques est bien représenté (en feat avec aurèle-san). Dans cette logique, où en est 60% dans tout ça ?

En parlant de 60%, et puisqu'on évoquait Booba, plus je l'écoute plus je me demande si ce n'est pas en lui-même une sorte de "Temps mort 2.0".



Sortit dans l'un des projets les moins Rap/Trap de Booba, à savoir D.U.C, le morceau avait l'air d'une sorte d'excuse, et était sensé combler par son aspect ancien le manque criant de streetcred de tout l'album. Surjouant la carte du purisme à fond du fond, B2O lui avait donné le titre de son tout premier succès hors-lunatic, pour donner l'impression d'une suite logique (2.0... comme quand 30 passe à 60%) et featé avec Lino pour creuser encore tout ce qu'il était possible de déterrer en terme "old-school". C'était en quelque sorte capitaliser sur un ancien morceau pour un public ciblé. Je peux totalement avoir tort mais la ressemblance avec ce qu'à fait Gims semble comme me sauter aux yeux.

Pour revenir sur "Chien de la casse", disons que c'est du Rap "si on force" de la même manière qu'un Sofitello. Cependant Sofitello avait pour lui l'avantage d'annoncer la couleur, dû à la division thématique de MCAR. Si LCN avait été conçu pareillement, je me demande si Gunshot n'aurait pas été versé dans la même track. Mais je voudrais étayer ça dans le topic de Critique de la Redpillz et non ici.

En tout les cas, ce ne sont là que quelques points de pinaillement, parce que globalement je salue le travail effectué, et valide l'angle d'attaque. J'ai trouvé ça fun à lire, et c'est peut-être pas une mauvaise idée que de ne pas prendre un ton trop académique. Glisser des vannes permettant d'illustrer avec efficacité le ressenti du critique sur le moment voilà une manière et une bonne route pour arriver à l'objectif recherché. Braval Very Happy

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