Akhal Téké - Vos Impressions

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Akhal Téké - Vos Impressions

Message par Admin le Sam 14 Oct - 23:56

Je me propose d'ouvrir les hostilités.

Alors.

Y a pas si longtemps Maska a sorti donc sa Mixtape Akhal-Téké (avec ou sans tiret là j'suis pas sûr), sortie qui a d'ailleurs été "fêté" (à moins que ça ne nous demande d'imaginer la possibilité d'un projet future) avec un freestyle en exclu sur Rapelite, "Chacun son régiment" ft. une meuf avec un violon. Ce qui démontre à la fois que Maska a le temps de sortir encore des inédits, et que, même si il semble un peu défait, l'ambition créative est encore là, sous tout le reste.



Voyant les sons qui était sortit à l'avance, on a franchement beaucoup, beaucoup descendu le projet avant qu'il ne sorte. Le fait que Maska soit dans une sorte de phase de "régression artistique" semble être une idée plutôt répandu. Cependant, partant du postulat que "ouèch ça va être trop pourri" maintenant qu'on l'a en main (ou du moins sur Spotify), je crois qu’il est temps de nuancer un peu.

D’avance je le dis, on est loin d’être devant le pire objet musical issu d’un projet solo d’un membre de la Sexion. En soit, à la première écoute il y avait même des éléments bon, mais embrumé parmi les éléments un peu gerbatif (enfin que je trouve mauvais dans leur exécution), le tout était déconcertant. Mais, au même titre que "Chaud" de Lef' qui m'avait semblé vraiment bizarre, il ne faut jamais se baser sur une première écoute pour découvrir des morceaux novateur (si ça en dit pas long sur la position d'un Loïc Reviews dans l'industrie de la musique...). D’avance, je veux aussi préciser un truc qui désormais semble claire : le véritable problème que nous pose Akhal Téké n’est pas tant que le projet est mal foutu par flemme ou manque de temps. Ce serait vraiment de la mauvaise foi que de ne pas reconnaître qu’un vrai travail a été réalisé dessus. Non, en faites, le vrai problème c’est la direction que Maska a pris. Mais était-ce évitable ?

En effet Maska sort un projet 3 ans après sa disparition totale du champ musical. Redescendu d’un coup du succès de l’Apogée, et, c’est cruel, entre celui de Subliminal et des Yeux Plus Gros Que Le Monde (qui est régulièrement accusé, même par Black M lui-même en interview, d’avoir vampirisé l’attention sur lui en 2014), le flop d’Espace-Temps a été une contre-performance injuste pour un album qui méritait infiniment mieux. Et pourtant, c’était un vrai album de Rap, typiquement le genre de projet adoré par les puristes rappophile… On a aussi accusé le manque de charisme possible de Maska, mais vous savez y a d’autres artistes dans le Rap qui sont pas très charismatiques et qui rencontrent pourtant un certain succès (prenez par exemple Kalash Criminel. Je suis formel c’est même le parfait exemple en terme de non-charisme personnel). Ce qui fait d’un artiste un artiste connu c’est plutôt sa disposition dans le monde musical, le public qu’il a et comment il parvient à le combler, voir à l’étendre sans pour autant trahir le “capital réputationnel” que lui ont donné ses premiers fans, sans lesquels ils ne seraient pour ainsi dire Rien.

Le manque de charisme, la faute aux Yeux Plus Gros Que Le Monde… C’est des théories possibles, qui ne se contredisent pas et qui pourraient même se compléter - Cependant c’est pas celle que je défendrai, personnellement. Pour moi, Maska est tombé à cheval sur un problème très insidieux au sein de la réputation de Sexion d’Assaut, qui est le suivant : Sa célébrité n’a pas été lié aux titres qui ont fait de certains d’entre nous leurs fans les plus fidèles. En d'autre termes, la majorité du public a kiffé l’Apogée non pas pour “-75 degré”, plutôt pour “Wati House”, sans pour autant refuser l’idée que la Sexion était composé de rappeurs. De ce fait, nombreux ont été ceux à aimer leur sons plus large tout en bénissant leur authenticité, une contradiction qui se retrouve aujourd’hui dans le public de Black M et de Gims d’ailleurs (“Gims, avait-il une vie avant le succès ?”) et qui pourrait sembler un détail… Sauf que cette contradiction est tellement forte qu’elle a tiré vers le bas les projets les plus Raps sorti par les membres de la Sexion. Et ce n’est pas un “petit” problème, dans le sens où concrètement, cette Dreamteam était constitué de RAPPEURS extrêmement compétent, mais bel et bien des RAPPEURS. Ce qui les amène à être dans la pire position pour un public ignare (qui quoiqu’on veuille, sera toujours majoritaire), qui à la fois les accusera d’être pas assez rigoureux et pas assez “Rap” tout en les ignorant totalement lorsque ceux-ci donneront ce qui était attendu d’eux. C’est un peu l’inconvénient de ne pas être dans le Game au sens sectaire du terme.

La théorie de la contradiction fondamentale est une théorie plutôt pessimiste, mais à l’heure où des Lefa peinent à décoller avec du “Vsionnaire”, je crois qu’on ne peut plus en faire vraiment l’économie. La Sexion a encore tout à prouver pour que ses sons “Rap” soit écouté par une plus large partie de la population. Plusieurs des membres phares de l’équipe l’ont plutôt compris (Gims notamment, en faisant de cette contradiction basique un objet artistique plutôt efficace, celle de l’opposition pillule rouge / pilule bleue). On est en train d’entrer d’ailleurs dans un chapitre vraiment conflictuelle vu la façon dont la Ceinture Noire et la Réédition d’EI se sont annoncé (Ana Fi Dar / Death Note respectivement). Les membres de la Sexion, arriveront à tracter les “fans de Rap” actuel, le monde du Rap évoluera-t-il dans une direction qui leur permettra de percer individuellement dans ce domaine, ça, seul l’avenir nous le dira. En tout cas ça demandera pas mal de courage et quelques coups de force.
En attendant, quand on est un membre un peu mineur, comme Jr ou Barack Adama, qui ne peut pas tirer sa popularité de son mérite passé, on ne peut du coup pas se contenter de faire du Rap si on veut pouvoir en vivre, ce qui explique des morceaux comme Facetime ou Foutaise, pour lesquels ils ne sont pas compétent à la base, mais tendent à le devenir pour se forger une autonomie, une vrai carrière solo. On peut les critiquer pour ça, et c’est notre liberté d’opinion, n’empêche qu’il faudrait voir à pas oublier certaines réalités lié à la Sexion, que je développe ici avec honnêteté. Je clame pas avoir la vérité absolu ou simplement raison mais c’est ce que je pense vraiment, sans langue de bois.



En tout cas, pour moi, c’est pile sur ce problème que démarre Akhal Téké. Qui, en plus, doit s’adapter très rapidement aux normes du Rap actuel, qui a bien changé depuis 2014, (époque où Espace-Temps semblait déjà “classique” dans son approche) et ce afin de ne pas se retrouver totalement exclu dès la première écoute. Maska, qui n’a pas assez plu dans sa forme la plus rap, veut ici livrer quelque chose de différent. Cependant, il n’a pas été sourd aux critiques qu’on lui a balancé de façon assez direct, et de ce fait, démarre son projet sur un son, 911, qui pour le coup est vraiment plaisant. Et ce n’est pas la présence de refrain qui va en faire un mauvais sons, c’est riche, bourré d’assonance, en particulier les premières lignes, de référence à la fois pour les connaisseurs et pour ceux qui découvrent, mais là où ça me surprend c’est qu’on dirait qu’il a été fait, ou arrangé de manière à servir d’auto-justification. “J’baise les rageux, je chante si j’en ai envie”, “J’vais brûler tes critiques, étouffer tes critiques”... Sauf que c’est le premier sons de la Mixtape. Et ce n’est pas comme si on avait déjà reproché Maska de chanter avant qu’il ne révèle les premiers extraits... D’où ma théorie que ce morceau a été ajouté, voir écrit très récemment. Enfin. Pour être bref je dois dire que le format de 911 me plaît beaucoup et j’en suis plutôt client. Mais ne crions pas victoire trop vite.

“Dernier round” propose également une forme de kickage, mélodique certes, avec un refrain bien plus harmonieux que ceux à quoi on a été habitué, et celui-là également est vraiment potable. Je passe exprès plus vite sur Rambo, dans le sens où on en avait déjà discuté. “Pouvoir Billet Femme” et “À pas de Loup” ont, eux aussi, une certaine continuité, et ils me plaisent dans leur intensité et leur musicalité comme il m’avait plu au moment de leur sortie.

En faites c’est plutôt à partir de “Fly” que ça se complique.
D’abord, à cause, je le répète, de l’aspect plagiaire (conscient ou inconscient) qui le fait ressembler à mille autres morceaux du même type, mais également de la liberté du délire, une liberté artistique que Maska ne pouvait pas, pour ses fans, s’autoriser à ce moment précis. Et puis, encore une autre dimension dans ma critique passé, la position prise ici à l’égard de la guedro qui était une trahison de son identité de rappeur conscient. Il faut savoir, et c’est dit dans le bouquin “Le succès d’une amitié” par A.D, l’un des premier sons enregistré en studio par lui et Maska dénonçait déjà la beuh - Oui, de façon un peu hypocrite d’ailleurs vu qu’ils en étaient consommateur (c’est dit aussi dans le livre), mais c’est franchement un détail : L’important c’est la posture prise à l’égard du sujet, très claire dans “La Drogue te donnent des ailes”. Ceci étant dit, c’est un peu moins grave, car comme si Maska avait lu dans nos esprit ou sur notre topic, un morceau est venu contrebalancer ça, on y reviendra un peu après.

Venons-en à un morceau très en-dessous des autres, je veux bien sûr parler d’”Au-dessus de toutes” (!). Là je peux rien dire de bien là-dessus, tout y est catastrophique.



Sons de Lover, c’est certain, mais le refrain, mon dieu. Les petites notes de guitares éléctrique, ce featuring qui rappelle les pires sons de Rap/RnB du début des années 2000 (on dirait du tragedy ? Quelle tragédie), ce sons est impitoyable avec mes tympans, même dans la façon dont le blanc lève ici l’octave sur certaines lignes. La base mélodique est loin d’être mauvaise, mais bon, rien n’est ici sauvable.

Heureusement ce n’est pas le cas de “Tu n’es plus la même”. Par contre ici il faudra assumer ici une ressemblance, forte, très forte avec du PNL.



Alors bon, certes, c’est le morceau le plus cloud de toute la mixtape, mais si je dis ça, c’est à cause de la façon dont est scandé voir articulé
le refrain (le dernier “Tu n’es plus la (/là), tu n’es plus la MÊME”) la ressemblance est assez aigüe. Après il y a eut pire comme imitation (et de loin, suffit de voir l’hémorragie de cloud rap merdique qui est sorti après l’explosion de Peace and lové), ici, tout comme Fly d’ailleurs, le sons est géré avec soins malgré son manque d’originalité, ce qui le rend peu ambitieux mais parfaitement potable au demeurant, et c’est peut-être le minimum qui est requis aujourd’hui - sauf pour nous les fans bien sûr.

“Mon héroïne” un sons également un peu fragilesque mais qui m’oblige à dire quelque chose concernant Akhal téké. L’outil comparatif est probablement l’outil le plus efficace dans la critique, et si j’avais, dans ma critique de “Visionnaire” comparé celui-ci avec “Espace-Temps”... Étrangement, à partir de ce sons, Akhal Téké m’évoque un seul projet : “Subliminal”. Au-delà du fait qu’il s’agit ici de chant pop, la façon dont ils sont construit me rappelle énormément certains sons que Gims y avait mis. On ne pouvait alors pas vraiment dire que les sons était mauvais, sauf si on attendait de lui du Rap. Y a un peu de l’ADN de “La Chute”, et “Changer” là-dedans, “Laisse Tomber” (une coïncidence rigolote lui donne d’ailleurs le même titre qu’une piste présente sur Subliminal) me rappelle un peu “Épuisé”, et c’est assez déconcertant parce que je m’attendais pas à comparer cette mixtape avait un projet sorti il y a maintenant 4 ans. Je précise que je parle pas de niveau qualitatif, ce n’est pas un raccourci pour dire “ah ouais c’est bien comme Subliminal” ou “c’est de la chanson c’est comme Subliminal”, c’est plutôt une façon dont les refrains et les couplets sont construit, c’est une impression générale.
“Maudite taffe”, sons existant qui permet de contrebalancer “Fly” du coup, thématique, qui rappelle beaucoup, avec ces bruits d’inspirations, un morceaux de l’Ecole des Points vitaux cité précédemment (je passe rapidement sur "On sera deux", ersatz de sons Nekfeu-esque dont je trouve pas grand-chose pas d'intéressant à dire si ce n'est qu'il est plutôt bof et encore lover). Il est tout à fait dans le domaine du possible qu’après Espace-Temps, Maska ait voulu suivre l’exemple de Meugi en augmentant l’étendue de ses possibilité artistique, sachant qu’il s’était plutôt bien vendu, mais là je suis dans la théorie simpliste. Il serait en effet beaucoup plus intéressant de penser que cette ressemblance était involontaire. Pourquoi ?

Parce que pour être honnête, on sent bien que Maska a voulu mettre dans ce petit projet, dans ce “petit album” orienté pop, toute l’honnêteté, toute la franchise qu’on lui connaît. On le voit mal dire des conneries pour écrire des paroles trop simple. Or, quand le fond reste génétiquement Maska-esque, lorsque la forme change, on se retrouve avec un objet qui est très loin de nos attentes et je crois avoir ici vraiment saisit Pourquoi Akhal Téké donne une impression aussi décevante. Au final, on voudrait croire que rien n’a changé depuis 2014. On voudrait croire que tout cette eau n’a pas coulé sous les ponts, que la Sexion est formé par des rappeurs “conscients” du moins représenté comme telle, toujours plein de ressentiment et la rage au ventre, tel l’Africain Déterminé, ou Le Loup blanc “Traqué”. Or ce n’est plus le cas aujourd’hui : En dehors de certains sons où la posture prime, on est devant des artistes qui ont perdu un peu de leur authenticité et un peu de bide, qui ont troqué leur casquette contre une vie de couple. Maska, dans cette mixtape, ne critique plus le Colonialisme assassin ou même ses peines perdues - il parle d’amour et de weed. Moins contestataire, il est devenu davantage un consommateur, dans tout les sens du terme, ayant aspiré en partie et recraché ce que le “rap moderne” avait de plus cliché. Essayant moins de donner l’heure, Maska essaye de rattraper le temps perdu de manière forcée.



Akhal Téké est, de fait, un drôle d’objet musicale, mix d’ancien et de nouveau. Entre sons moyennement convaincant, ceux qui partent dans une direction sans issue, et les “plagiats” ou les inspirations plus ou moins éhonté faisant preuve d’un manque de cohérence, voir de personnalité, il reste bien sûr en grande majorité audible, et c’est peut-être là qu’est l’exploit. Si on oublie deux seconde qu’il s’agit de Maska, le grand Maska auquel on attribue tellement de qualités lié à la Sexion des premiers temps, à “3ème prototype” voir à “Assonance”, si on imagine que c’était un petit nouveau qui venait de commencer la musique, alors on se prendrait à les trouver appréciables ces sons, et c’est probable qu’ils le soient. Mais dès lors qu’il nous prendrait l’envie de retourner écouter “Ying Yang” ou “Espace-Temps”, tiré de l’album éponyme, le désastre semblerait à nouveau manifeste. Et pourtant, et Maska le prouve dans 911, il est encore capable de prendre le meilleur de lui-même pour l’insuffler sous une forme plus moderne.

En tout cas il serait sage de le faire à un moment où la Sexion elle-même revient au rap. Akhal Téké à peut-être en son sein des morceaux qui ont été rattrapé par le temps. Il n’aurait peut-être pas été anachronique en 2015 par exemple, en revanche, en 2017, c’est une toute autre histoire...

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